La question du hedjâb vestimentaire obligatoire en Iran

 

par Morgan Lotz

 

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L’obligation du port du hedjâb vestimentaire en Iran véhicule tous les phantasmes et toutes les caricatures, toujours en défaveur et en ridicule argumentation des critiques péjoratives de l’Iran. Pourtant, la réalité contredit l’affirmation dénuée de tout fondement que le hedjâb vestimentaire fut imposé pour les femmes dès la victoire de la révolution de 1979. Tout d’abord, la loi rendant le hedjâb vestimentaire obligatoire ne fut promulguée qu’en 1983 ; ensuite, celui-ci concerne aussi bien les hommes que les femmes puisqu’il édicte le code vestimentaire traditionnellement admis par les coutumes et la culture islamique. Dans son livre Les Paradoxes de l’Iran, Faribâ Adelkhâh donne la définition du mot hedjâb : « registre de valeurs et de comportements, dont le voile est l’expression vestimentaire, selon des formes en soi contingentes et matière à discussions, voire à conflit. »[1] Le hedjâb pourrait sociologiquement se traduire par « bienséance », dans l’ensemble du registre du comportement social que ce terme comprend.

 

I – Les origines du voile, une coutume antique bien antérieure à l’Islam

Le port du voile comme un accessoire complémentaire apparut en Mésopotamie et en Assyrie, devenant l’apanage des femmes issues des classes sociales élevées et privilégiées. En Assyrie, son port est même réglementé et la loi l’interdit aux paysannes, esclaves et prostituées sous peine de sanctions. Le voile va ensuite être adopté par les Iraniens qui avaient conquis Ninive en 612 avant Jésus-Christ et Babylone en 539 avant Jésus-Christ, semblablement à l’habitude des vainqueurs et des vaincus d’échanger et d’adopter des mœurs et des coutumes de l’autre. Les classes aisées adoptent la mode que suivront plus tard les classes inférieures. Nombre d’historiens pensent pouvoir dater l’apparition du voile sous le règne de Cyrus le Grand, avec pour dessein de préserver la chasteté des femmes. Il est difficile de saisir l’évolution de l’interprétation et de la dimension symbolique inconsciente dont se chargea le voile pour les peuples de cette vaste région et qui poussa Cyrus le Grand à le rendre obligatoire.

L’habitude pour les femmes de porter le voile aurait ainsi été transmise et se serait poursuivie durant les époques achéménide et séleucide avant de s’inscrire dans les usages byzantins ; c’est lors des invasions arabo-musulmanes qu’ils auraient été adoptés par l’islam et se seraient répandus à travers tout son territoire comme une nouvelle habitude. Dans son livre Les Voix du Silence, André Malraux écrit : « Les femmes portaient le voile à la cour de Byzance comme à celle des Sassanides, et le cérémonial des Porphyrogénètes ne surprenait guère les ambassadeurs perses. Darius n’eût-il pas remercié Basile II de l’avoir ressuscité, d’avoir effacé de la terre jusqu’à l’âme de Phidias et de Brutus ? »[2]

Ho 2 L'habillement féminin iranien à travers les temps. 

Quoi qu’il en soit, le port du voile ou du foulard n’est donc pas une invention de l’Islam mais constitue une captation par les envahisseurs d’un élément culturel iranien.

Au 13ème siècle, les invasions des tribus mongoles et turques depuis l’Asie centrale remodèlent le peuplement de l’Iran en permettant à de nouvelles populations de s’installer ; parmi elles, les femmes dont la tête est laissée découverte côtoient désormais des femmes iraniennes qui ont l’habitude de ne pas dévoiler leur chevelure. Les nouveaux envahisseurs s’adaptent et finissent par s’intégrer dans le schéma sociétal non sans l’avoir modifié par leur influence et la majeure partie se convertit et adopte l’Islam comme religion. Bien que l’empire soit organisé par les Safavides nouvellement régnants à partir du 16ème siècle et que le foulard devienne partie intégrante du costume féminin iranien au même titre que le turban l’est pour les hommes, certaines populations, le plus souvent nomades, conservent leurs us et coutumes : nous pouvons citer les Qashqâ’i, dont les femmes ne portent encore aujourd’hui en Iran ni voile ni foulard.

Ces mœurs vont dès lors s’inscrire dans la culture et l’identité iraniennes et la couverture des cheveux pour les hommes comme pour les femmes deviennent une habitude ; son retrait est considéré comme une impolitesse voire parfois une offense, et la nudité de la tête est associé à un mode de vie rural, nomade et parfois miséreux, et dans tous les cas comme étranger à l’Iran.

Notons que le voile couvrant le visage n’est guère une habitude iranienne ; il s’agit d’un vêtement arabe connu sous le nom de niqâb et souvent amalgamé dans les pays occidentaux, répondant à l’interprétation fondamentalisme et fanatique du courant sunnite wahhabite fondé au 18ème siècle par Mohammad ibn Abd al-Wahhab et qui prédomine encore aujourd’hui dans toute l’Arabie saoudite[3].

 

II – La problématique du hedjâb vestimentaire obligatoire en Iran après la Révolution, une opposition aussi bien civile que cléricale

 

1) L’annonce du hedjâb vestimentaire obligatoire

Bien que le voile devînt durant la révolution de 1979 l’un des symboles de la résistance populaire contre la monarchie considérée comme servante des intérêts occidentaux, toutes les femmes révolutionnaires ne défendent pas l’idée d’un hedjâb vestimentaire obligatoire. Faribâ Adelkhâh décrit l’imposition progressive du hedjâb vestimentaire comme un « processus progressif et complexe », rappelant que la République islamique « a entériné l’essentiel de l’acquis légal de la monarchie et l’a même élargi sur certains points »[4].

Le mercredi 7 mars 1979, lors d’un rassemblement à la Fondation culturelle pour le bien-être, l’ayatollâh Khomeyni déclare : « Les femmes islamiques devraient sortir en hedjâb islamique et ne pas se parer. Les femmes travaillent toujours dans les bureaux comme avant. Elles doivent changer leur situation… J’ai été informé que les femmes sont nues dans nos ministères et cela est contraire à la shari’at. Les femmes peuvent participer au travail social mais avec le hedjâb islamique. »[5] Il n’en faut pas plus pour susciter l’inquiétude parmi les opposantes et les opposants à ce qu’ils craignent de voir devenir une obligation.

 

2) Les manifestations de mars 1979 contre le hedjâb vestimentaire obligatoire

Le jeudi 8 mars étant la Journée de la Femme, plusieurs organisations politiques avaient appelé à manifester en cette occasion bien avant les déclarations de l’ayatollâh Khomeyni ; cependant, ce rassemblement devient une manifestation contre sa supposée imposition[6] à laquelle se joignent des étudiantes et des étudiants aux côtés d’activistes politiques de diverses tendances. Le journal Kayhân rapporte un chiffre compris entre 5 000 et 8 000 personnes rassemblées à l’Université de Téhéran après qu’un rassemblement de partisans du hedjâb vestimentaire ait scandé dans l’enceinte de l’université « Mort à l’héritage de Rezâ Shâh ! ». Alors qu’il neige sur la capitale iranienne, les opposants vont ensuite se diriger vers le bureau du Premier ministre Mehdi Bâzargân en criant les slogans « La liberté est universelle ! Ni orientale, ni occidentale ! » et « Nous n’avons pas fait une révolution pour revenir en arrière ! ». Toujours selon le journal Kayhân, d’autres participants rejoignirent le cortège, atteignant le chiffre de 15 000 participants, dont une part importante constituée d’hommes. Le cortège est rapidement contesté par des partisans du hedjâb vestimentaire s’étant rassemblés en contre-manifestation dont la présence vire à l’affrontement verbal, obligeant les forces de l’ordre révolutionnaires à s’interposer, craignant que la situation ne dégénère, les boules de neiges échangées commençant malheureusement à être remplacées par des pierres. Le procureur de Téhéran annonce dans un communiqué qu’il ne tolèrerait aucunement le moindre dérangement des manifestants, les coupables s’exposant à des poursuites judiciaires sévèrement sanctionnées.

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 Shahâb al-Din Eshrâqi en compagnie de l'ayatollâh Khomeyni à Neauphle-le-Château. 

Les manifestations se poursuivent les jours suivants, avec notamment des rassemblements dans quelques écoles téhéranaises et l’opposition des employées d’Iran Air de se plier à cette exigence. Les fonctionnaires ne portant pas de foulard ou de voile se virent refuser l’entrée dans leurs ministères et administrations ; conséquence inattendue, certaines femmes voilées refuseront même de travailler par solidarité avec leurs collègues dévoilées. Une manifestation spontanée est d’ailleurs organisée devant le ministère des Affaires étrangères par les employées le samedi 10 mars, tandis qu’un rassemblement se déroulant parallèlement devant le Palais de Justice de Téhéran se voit contrer par des partisans de l’ayatollâh Khomeyni en position numérique favorable, se sentant encouragés par l’entretien de Shahâb al-Din Eshrâqi[7], le gendre de l’ayatollâh Khomeyni, publié dans le journal Kayhân :

« Je pense qu’il n’est pas juste que certaines personnes essaient d’arrêter les femmes avec radicalisme et intensité. Le hedjâb doit être observé et les lois islamiques doivent être appliquées et cette question doit être prise en considération dans toutes les institutions et universités. Mais il convient de noter que le hedjâb ne signifie pas tchador. Tant que les cheveux et les membres des femmes sont couverts et que leur vêtements sont dignes, cela n’a plus d’importance maintenant. Le tchador est une chose normale et très bonne. Mais en raison de la façon dont les femmes travaillent, couvrir le corps et les cheveux d’une autre manière est aussi un hedjâb, ce n’est pas un mot. Selon l’Imâm moubârak[8], le hedjâb devrait être mis en œuvre avec enthousiasme par les femmes du pays. Dans le cas des minorités religieuses, l’Imâm moubârak a toujours été d’avis qu’elles doivent être respectées et soutenues de toutes les manières. Mais quoi de mieux si les femmes des minorités religieuses observent aussi le hedjâb ? »[9]

Il déclare au quotidien Ettelâ’ât :

« Ce que veut l’Imâm, c’est que le hedjâb islamique soit promu. Nous sommes en train d’établir la République islamique. Les lois islamiques doivent être appliquées autant que possible. Bien sûr, au niveau de certains ministères, bureaux, et même universités, écoles, lycées, il devrait être justifié que les femmes observent le hedjâb islamique et le sens du hedjâb islamique n’est pas le tchador. L’une des utilisations du tchador est qu’il couvre mieux les femmes, mais à d’autres égards, les femmes peuvent aussi couvrir les positions de la parure autant qu’elles couvrent leurs cheveux, car le hedjâb est l’une des nécessités de la religion. »

Ce qui pourrait sembler être une distinction futile et tatillonne pour un esprit occidental ne l’est aucunement pour un esprit iranien. Le tchador, ample voile noir, est bien différent d’un foulard. Il s’agit là d’une différence notable et s’avérant des plus importantes dans le contexte de ce débat.

Les manifestations se poursuivent, rassemblant 20 000 personnes le 12 mars devant l’Université de Téhéran selon les chiffres avancés par Parvin Paidar[10]. D’autres manifestations eurent lieu à Ispahân, Sanandadj, Kermanshâh, Oroumieh et Bandar Abâs auxquelles les hommes se joignirent massivement, brisant de la sorte les stéréotypes véhiculés en Occident.

Ho 4 Partisans de Hassan Rohâni lors des élections présidentielles de 2013. 

Il nous a paru intéressant de rapporter le témoignage de Hassan Rohâni concernant cet épisode de l’histoire de la Révolution iranienne :

« La question des vêtements féminins et du hedjâb en mars 1979 n’a pas été sans problèmes et a occupé les autorités pendant longtemps. Après le 11 février, lorsque les organismes gouvernementaux et les administrations ont commencé leur travail et que les écoles ont commencé à fonctionner à la mi-mars, un grand nombre d’employées et d’étudiantes, sans hedjâb et la tête nue, se sont rendues dans les bureaux et les organisations du gouvernement, dont parfois des femmes en minorité. Certaines infirmières hospitalières, médecins et enseignantes sont également allées travailler sans foulard, et des femmes ont été dévoilées dans la rue. Bien sûr, il y avait beaucoup de femmes avec le hedjâb et elles étaient partout.

Cependant, tout d’abord, les érudits de Qom se sont opposés au dévoilement des femmes et ont dit : « Dans le gouvernement islamique, toutes les femmes devraient être hédjâbables. Dans l’une de ses déclarations, l’Imâm a souligné la nécessité du hedjâb pour les femmes, poussant un certain nombre de femmes dévoilées à protester dans les rues et à tenir des rassemblements devant le Palais de Justice et le bureau du Premier ministre. À ce moment-là, Monsieur Tâleqâni est allé de l’avant et a fait des remarques au sujet du hedjâb : « Nous ne voulons pas le hedjâb obligatoire et les femmes devraient choisir le hedjâb eux-mêmes. » Je me souviens qu’un jour, Monsieur Bani Sadr s’était rendu à l’Organisation de la radiodiffusion-télévision à Djam-é Djam, où des femmes dévoilées se sont rassemblées autour de lui et ont demandé pourquoi les femmes devaient porter le hedjâb. Bani Sadr a répondu : « Les femmes devraient porter le foulard, parce que leurs cheveux sont un rayon qui les amène à le faire ! »

Des groupes politiques et les moudjahidines de la République populaire ont également annoncé que le hedjâb ne devrait pas être obligatoire. Il a également été débattu au gouvernement provisoire de la question de savoir si le hedjâb devait l’être. En bref, comme je l’ai mentionné, Monsieur Tâleqâni a déclaré dans son discours : « Nous ne pouvons pas forcer les femmes du Peuple du Livre à accepter le hedjâb, mais nous pouvons encourager les musulmans à porter le hedjâb, et en tout cas, nous ne devrions forcer personne à l'enlever. » Cependant, au quartier général de l’armée, nous avons décidé de rendre le hedjâb obligatoire, ce qui est le début pour les organismes gouvernementaux et les bureaux. Le plan visant à rendre le hedjâb obligatoire dans l’administration de l’armée m’a été confié, et dans un premier temps, j’ai rassemblé toutes les employées des chefs d’état-major interarmées, qui avaient près de trente ans, et après leur avoir parlé, elles ont accepté de se présenter au travail avec un foulard le lendemain. Les employées, toutes sauf deux ou trois qui ont été dévoilées, ont commencé à gronder et à se rassembler, mais je me suis tenu ferme et j’ai dit : « A partir de demain matin, la forteresse en face de la porte d’entrée est obligée d’empêcher les femmes dévoilées d’entrer dans le quartier général conjoint de l’armée. » Après le quartier général de l’armée, je suis allée à la caserne Doshân Tapeh et j’ai rassemblé toutes les employées qui étaient aussi âgées, dans une salle et j’ai parlé du hedjâb. Là, les femmes ont fait beaucoup de bruit, mais j’ai dit catégoriquement : « C’est l’ordre et il n’est pas possible de lui désobéir. » Puis j’ai expliqué que nous ne disons pas de porter un tchador, mais qu’il s’agissait d’utiliser un foulard et de couvrir la tête et le cou. Enfin, là, j’ai dit que nous avions ordonné à Dedjbân de ne laisser aucune femme dévoilée aller à la base à partir de demain.

Dans le domaine de l’armée de terre et de la marine, j’ai également parlé aux employées, et en récitant des versets et en rapportant la question du hedjâb aux questions sociales et à la santé de la communauté, ainsi qu’en fournissant diverses raisons sur la nécessité du hedjâb, j’ai expliqué la question et finalement, avec la directive, le respect du hedjâb est devenu obligatoire. Ces efforts ont eu un résultat positif, et après les vacances de Norouz, toutes les employées de l’armée sont venues travailler en foulard. Dans les organismes gouvernementaux et même l’IRIB, le hedjâb est progressivement devenu pratique, et toutes les femmes en foulard sont sorties de la maison. Bien sûr, pendant les jours du référendum, un certain nombre de femmes étaient encore dévoilées et sont venues aux urnes têtes nues, mais ce problème social s’est rapidement résolu. »[11]

Ho 5 Une partisante de Hassan Rohâni. 

 

3) Le débat public en Iran concernant le hedjâb vestimentaire obligatoire

Contrairement à ce que des esprits occidentaux pétris de nombreux stéréotypes à l’encontre de l’Iran pourraient imaginer,  le clergé ne se prononçait pas sur cette question d’une voix unanime, bien au contraire : des clercs émettent des opinions divergentes quant à l’obligation du hedjâb ou non, beaucoup voyant dans une imposition une contrainte contraire à l’Islam, tandis qu’ils défendent une position de recommandation plutôt que d’obligation. C’est notamment le cas du Shaykh Fazlollâh Mahalâti[12] et de l’ayatollâh Seyyed Mahmoud Tâleqâni qui accorde le 11 mars 1979 un entretien au journal Ettelâ’ât portant sur le sujet du hedjâb dont nous rapportons les propos : 

« C’est l’avis explicite du Qorân. Comme le Saint Qorân l’a dit, ni nous ni les femmes qui croyons en ce livre céleste ne pouvons aller au-delà. L’Imâm a dit à propos du hedjâb des femmes dans les bureaux : l’Islam, le Qorân et la religion veulent préserver la personnalité des femmes ; c’est un mouvement révolutionnaire. Qui a forcé nos dames, sœurs et filles à venir en hedjâb ou sans hedjâb lors de ces marches ? Elles ont montré avec le sentiment de responsabilité islamique que cette robe est l’un des slogans islamique et iranien… Ne suscitez pas la controverse de leur originalité. Comme nous l’avons dit à maintes reprises, tous les droits des femmes dans l’Islam seront protégés dans l’environnement de la République islamique et nous leur demandons de mettre un foulard sur la tête en civil avec dignité. […] Le danger que nous ressentons est que les femmes reviennent à la vulgarité. Le hedjâb est une règle nécessaire de la religion. Les clercs et les érudits ne veulent pas dire que les femmes sont des femmes au foyer. Ce n’est pas obligatoire, même pour les femmes musulmanes. Qu’est-ce qui est obligatoire ? L’ayatollâh Khomeyni a donné des conseils comme un père qui conseille son enfant. Un jeune homme qui n’a aucun moyen de se marier, aucun moyen de travailler, dont la vie n’est pas en ordre, quand il voit cette femme dans la cinquantaine qui se montre comme une jeune fille de quatorze ans dans la rue, cette pauvre chose le dérange, le bouleverse et c’est une sorte de harcèlement des jeunes.

« Même les femmes musulmanes ne sont pas tenues de porter le hedjâb, encore moins les minorités religieuses. L’Islam, le Qorân et les autorités religieuses veulent préserver le caractère des femmes. Il n’y a aucune contrainte. Comment nos femmes ont-elles vécu dans nos villages depuis le début de l’Islam jusqu’à aujourd’hui ? Portaient-elles des voiles ? Qui a forcé nos femmes à venir avec ou sans hedjâb lors de ces marches ? Elles se sentaient elles-mêmes responsables, mais maintenant qu’elles portent un foulard ou non, personne ne les force à le porter. Telle est l’essence du problème. Il n’y a pas de contrainte et il n’y a pas de problème de voile. »

Abdolrahim Rabâni Shirâzi (1922-1981), représentant de l’ayatollâh Khomeyni dans le sud du pays, déclara :

« Nous regardons les femmes d’un point de vue humain constructif. Nous voulons que les femmes s’impliquent avec d’autres personnes. Le hedjâb est une couverture qu’il faut observer, les femmes ne doivent pas sortir sexy et avoir une apparence séduisante. Le concept de hedjâb n’est pas un tchador. Une robe décente qui n’attire pas l’attention et qui couvre les cheveux suffit. »[13]

Simin Dâneshvar (1921-2012), femme de lettre et épouse de l’écrivain Djalâl Alé Ahmad (1932-1969), décrit la question du hedjâb vestimentaire comme un sujet mineur et non prioritaire :

« Chaque fois que nous pourrions reconstruire une maison en ruine, réorganiser son économie, apporter son agriculture quelque part, établir un gouvernement de justice et de liberté, chaque fois que tous les habitants de cette terre sont satisfaits et couverts d’un toit sûr, qu’ils sont arrivés au sommet et ont bénéficié de l’éducation et de la santé publique, nous pouvons nous attarder aux sous-questions et à la jurisprudence, nous pouvons nous asseoir confortablement et l’esprit tranquille dans une maison et prendre soin des femmes. »[14]

Nâser Minâtshi (1931-2014), membre du Conseil révolutionnaire et ministre de la Propagande et du Tourisme dans le gouvernement de Bâzargân, déclare :

« Qu’avons-nous dit aux femmes ? Dans les circulaires, nous disons de rendre la couverture un peu plus saine et plus raisonnable dans ces conditions, nous n’avons pas dit de porter des tchadors. »[15]

Zahrâ Rahnavard (née en 1945), à l’époque journaliste, écrit :

« Vous interrogez les gens sur la décence publique ; c’est notre droit naturel, c’est-à-dire que chaque pays qui fait une révolution et dont cette révolution est légitimement libératrice cherche la question de la décence publique, c’est-à-dire fixe une limite à la couverture. Par exemple, nous voyons en Algérie que s’il n’y avait pas beaucoup de principe d’étiquette, ils ont introduit les principes de l’école islamique après la révolution. C’est la même chose à Cuba et au Vietnam. Nous aurions dû vouloir la décence publique au niveau national et non au niveau des administrations, afin que les femmes soient couvertes. Robes longues à manches longues sans maquillage, nous voulions cela et nous avons sanctionné sa non-observance. Pas une punition de flagellation mais une punition éducative. Cependant, d’un autre côté, notre révolution est une révolution scolaire et c’est pourquoi le hedjâb est un principe et un objectif pour nous. Pour ce faire, nous avons dû organiser des conseils, et une fois que ceux-ci furent réalisés, ils annoncèrent une journée intitulée le « Jour de l’autonomie » durant laquelle les femmes se vêtiront du costume islamique afin de les préparer progressivement à augmenter le nombre de jour de son port. Cela signifie que nous voulons préparer nos femmes à faire l’expérience par elles-mêmes de ce vêtement, parce que nos femmes sont des femmes honorables. Mais elles ne peuvent accepter cela parce qu’elles ont été formées d’une autre manière. Nous ne pouvons résoudre les problèmes éducatifs en deux jours. Ensuite, nous pouvons progressivement augmenter ces jours d’autonomie pour devenir des semaines. Ce qui est fait par la force ne durera pas longtemps et la force ne prévaudra jamais. »[16]

Ho 6 L'ayatollâh Mahmoud Tâleqâni. 

Les déclarations de l’ayatollâh Tâleqâni sont confirmées par l’ayatollâh Khomeyni lorsqu’il déclare que le hedjâb vestimentaire ne sera finalement pas rendu obligatoire. Les manifestations cessent aussitôt. L’espérance demeure toutefois parmi les partisans du hedjâb vestimentaire obligatoire que leurs recommandations de le porter convainquent la minorité réticente en rappelant son symbolisme de résistance face à l’occidentalisation et à l’impérialisme partagé par l’ensemble des actrices de la révolution. Il faut bien comprendre que le dévoilement est en cette période fiévreuse de la révolution considéré comme un signe d’attachement à l’ancien régime désormais déchu interprété comme l’appartenance à l’anti-révolution.

Un incident survenant le 2 juillet 1979 à Bandar Anzali va cependant renforcer les partisans du hedjâb vestimentaire obligatoire : il est rapporté par le journal Rouznâmeh Khorâsân que des femmes et des hommes s’étant baignés nus dans la mer se rendirent en ville toujours dévêtus. Le gouverneur avait pourtant désigner une zone de baignade exclusivement réservée aux femmes, cette mesure ayant même été publiée par le ministère de l’Intérieur le 27 juin sous la forme d’une directive dont se félicitera l’ayatollâh Khomeyni. La polémique que déclencha cet incident, que nous ne pouvons affirmer ou infirmer, est palpable dans les propos du journaliste ayant rédigé l’article :

« L’Islam ne veut pas qu’ils nagent nus dans les mers. Après que des hommes et des femmes soient sortis en mer, les femmes sont venues en ville nues ! Les gens n’osaient pas parler. Aujourd’hui, si quelque chose d’identique se produit, nous voulons qu’ils déterminent leurs fonctions et que le gouvernement les ait déterminées. […] C’est la liberté qu’ils veulent. Ce genre de liberté ! Aller jouer, se déshabiller et s’amuser ensemble ! La liberté est dans les limites de la loi. L’Islam a empêché la corruption. Et il a donné toutes les libertés qu’ils sont en train de corrompre. »[17]

Ho 7 Une du journal Ettelâ'ât du 11 mars 1979. 

La disparition de l’ayatollâh Tâleqâni le 9 septembre 1979 ne peut que desservir la frange modérée des révolutionnaires.  Lors de son éloge funèbre, Mehdi Bâzargân déclara : « Ce tchador et ce foulard qui sont portés de force et menacent la tête des femmes est pire qu’une centaine de femmes dévoilées. »

 

4) La légitimité théologique et religieuse du hedjâb vestimentaire obligatoire

L’idée de rendre le hedjâb vestimentaire obligatoire provoque d’importantes discussions entre érudits : c’est une question individuelle et non collective. Ses opposants rappellent qu’elle n’est pas clairement mentionnée dans le Coran et ne peut donc être considérée comme une obligation religieuse et morale. En effet, la sourate 24;30-31 (sourate al-Nour, « la Lumière ») n’exprime aucunement une quelconque obligation :

« Dis aux croyants qu’ils baissent leurs regards et gardent leur chasteté ; c’est plus pur, pour eux. Dieu est bien informé, vraiment, de ce qu’ils font. Et dis aux croyantes qu’elles baissent leurs regards, et qu’elles gardent leur chasteté, et qu’elles ne montrent de leurs parures que ce qui en paraît, et qu’elles rabattent leurs voiles sur leurs poitrines ; et qu’elles ne montrent leurs parures qu’à leur mari, ou à leur père, ou au père de leur mari, ou à leur fils, ou aux fils de leur mari, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou à leurs compagnes, ou aux esclaves que leurs mains possèdent, ou aux domestiques mâles qui n’ont pas le désir, ou aux garçons qui n’ont pas encore puissance sur les parties cachées des femmes. Et qu’elles ne fassent pas sonner leurs pieds de façon que l’on sache de leurs parures ce qu’elles cachent. [...] »[18]

Le mudjtahid Ahmad Qâbel (1957-2012), qui fut d’ailleurs un élève de l’ayatollâh Hosseinali Montazeri (1919-2012), exprime son analyse de la jurisprudence (fiqh) islamique à ce sujet en rappelant un fait historique :

« Les esclaves musulmanes étant à la fois des femmes et des musulmanes, elles n’étaient pas obligées de se couvrir la tête et le cou, et même d’autres parties du corps selon les déclarations explicites de certains juristes. Certains croyaient même à la profanation ou au caractère sacré des couvre-chefs pour les femmes esclaves musulmanes. »

Selon lui,  le verset 59 de la sourate 33 (sourate al-Ahzar, « les coalisées ») ne peut être interprétée comme l’obligation de porter le voile :

« Ho , le Prophète ! dis à tes épouses, et à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et exemptes de peine. Et Dieu reste pardonneur, miséricordieux. »[19]

Il déclare :

« Aucune déclaration explicite sur la nécessité de se couvrir la tête et le cou n’est mentionnée dans la sourate al-Nour. Il a également été confirmé qu’il n’est pas permis de couvrir les parties du corps qui n’étaient pas couvertes au moment de la révélation. Les recherches historiques confirment également la non-prévalence de la couverture de la tête et du cou dans tous les cas et dans tous les lieux publics. Le verset de la sourate al-Ahzar ne peut être utilisée de manière concluante comme preuve de l’obligation de couvrir la tête et le cou d’une femme. La seule tentative d’existence ou non d’un consensus sur cette question a été de prouver que ce consensus sur la nécessité de se couvrir la tête et le cou n’a pas été atteint. Les rapports présentés jusqu’à aujourd’hui sur le désaccord des juristes [à ce sujet] étaient quelques-uns des documents prouvant ce désaccord et prouvant qu’en dépit des opinions opposées, la revendication du consensus bien connu des juristes ne doit pas être considérée comme fiable. A mon avis, la nécessité du recouvrement et de son application n’entraîneront rien que la recommandation du couvrement de la tête et du cou. »[20]

Ho 8 Corps féminin de la police iranienne. 

 

III – Le tournant des années 1980, vers l’acceptation du hedjâb vestimentaire obligatoire

Khomeyni ne parla plus du hedjâb vestimentaire jusqu’au 29 juin 1980, lorsqu’il critiqua le gouvernement qui n’avait selon lui aucunement effacé du corps administratif les aspects de l’ancien régime impérial, exigeant du président Bani Sadr une mise aux normes complète sous dix jours[21] : 

« Encore une fois, les passeports sont des passeports impériaux. Encore une fois, il y a des documents administratifs sur des papiers impériaux. Si vous êtes royaliste, dites-le bien pour que nous puissions vous assigner nos devoirs afin que je puisse vous dire ce que la nation va vous faire, et si vous le n’êtes pas, pourquoi ne pas remplacer ces symboles ? Pourquoi ne purifiez-vous pas ces gens qui corrompent nos jeunes dans ces bureaux ? »[22]

L’hodjatoleslâm Rayshahri[23], dirigeant alors le tribunal de l’Armée, ordonne le 1er juillet le refus des autorités militaires de laisser pénétrer dans une enceinte militaire les femmes ne portant pas le hedjâb vestimentaire. Il écrit :

« Depuis que les autorités ont été rappelées à plusieurs reprises au sujet de la tenue vestimentaire islamique des employées de la République islamique d’Iran, certaines femmes ont malheureusement été inconscientes des dispositions de ces directives et ont retardé sa mise en œuvre, compte tenu des dispositions de ces directives. […] Les ordres et les conseils du chef de la révolution et du fondateur de la République islamique d’Iran sont communiqués par la présente aux commandants généraux des unités et aux chefs des forces de l’ordre pour empêcher les femmes qui n’ont pas de couverture islamique d’entrer dans les lieux militaires et les services de commutation. »[24]

L’ayatollâh ne manque pas de renouveler son appel à respecter les femmes dévoilées et condamne d’éventuelles agressions à leur encontre ; il prend même l’initiative de confier à l’autorité judiciaire légitime la prérogative des poursuites judiciaires à l’encontre des contrevenantes et prévoit de durement sanctionner les personnes non habilitées qui se permettraient de rendre justice elles-mêmes.

Le 7 juillet 1980, le Conseil révolutionnaire que préside Bani Sadr se prononce en faveur de cette mesure et autorise son extension dans l’ensemble de l’administration en publiant un décret stipulant qu’il n’est pas permis aux femmes de pénétrer dans des bureaux sans tenue islamique, décret confirmé par le Procureur général de la Révolution islamique, l'hodjatoleslâm Ali Qodousi (1927 –  assassiné par les Moudjahidines du Peuple en 1981), dans son entrée en vigueur le lendemain dès 8 heures, assorti de l’avertissement que tout manquement à cette directive entraînera la suppression des avantages sociaux[25].

Ho 9 Un exemple de hedjâb iranien : le châl

Le domaine de l’éducation est également concerné ; Mohammad Ali Radjâ’i (1933-1981) et l’hodjatoleslâm Mohammad Rezâ Mahdavi-Kani (1931-2014), respectivement en charge du ministère de l’Education pour le premier et de l’Intérieur pour le second, annoncent la fermeture des écoles mixtes et l’extension de la directive militaire à leurs ministères respectifs.

Bien que quelques rassemblements eussent lieu afin de protester contre cette mesure, aucun mouvement de protestation semblable au précédent de mars 1979 ne fut organisé. La situation politique de cette période peut en être la raison : en effet, l’atmosphère politique de cet été 1980 est troublée par les affrontements des organisations politiques de gauche ainsi que par les volontés sécessionnistes du Kurdistân et du Sahara turkmène.

Au mois de Ramadan 1981, correspondant cette année au mois de juillet, Mohammad Taqi Sadjdjadi, alors représentant du Bureau du Procureur révolutionnaire, annonce une nouvelle réglementation : une pancarte désormais obligatoirement affichée dans les lieux publics stipule : « Par ordre du tribunal révolutionnaire, nous sommes dispensés d’accepter des invités et des clients qui n’observent pas les apparences islamiques. » Le député Azam Tâleqâni (fille de l’ayatollâh) avait pourtant rejeté deux mois plus tôt tous les projets législatifs concernant une obligation du hedjâb vestimentaire.

Ce processus d’obligation du hedjâb vestimentaire se poursuit avec la directive émise sous la gouvernance du nouveau Premier ministre Mohammad Ali Radjâ’i rappelant aux femmes fonctionnaires des ministères et de l’administration le code vestimentaire décidé.

Ho 10 Un exemple de hedjâb iranien : le rousari

 

IV – L’adoption du hedjâb obligatoire dans la société iranienne

L’article 102 de la loi Ta’zir, adoptée le 2 novembre 1983 par l’Assemblée consultative islamique, rendait le hedjâb vestimentaire obligatoire. Cet article est rattaché en 1996 à l’article 141 du Code pénal islamique : « Quiconque prétend commettre des actes prohibé (haram) en public, dans les lieux publics ou dans la rue, en plus de la peine d’emprisonnement, sera condamné à une peine de 10 jours à deux mois d’emprisonnement ou 74 coups de fouet. Remarque : Les femmes qui comparaissent en public sans voile religieux seront condamnées à des coups de fouets jusqu’à 74 coups de fouet. »[26]

Une loi dénommée « Loi sur les stratégies exécutives pour l’expansion de la chasteté et de la culture du hedjâb » est approuvé le 3 janvier 2006 par le Conseil suprême de la Révolution culturelle.

Ho 11 Un exemple de hedjâb iranien : le maqnaé, portée dans les lieux officiels et les universités. 

Un changement des plus significatifs intervient le jeudi 28 décembre 2017 lorsque le général de brigade Hossein Rahimi, chef de la police de Téhéran, annonce la cessation des poursuites judiciaires pour les contrevenantes et les contrevenants au hedjâb vestimentaire. Le journal Sharq rapporte ses propos : « En accord avec la décision du commandant des forces de police, ceux qui ne respectent pas le code vestimentaire islamique ne seront plus placés dans les centres de détention et leur infraction ne sera pas inscrite à leur casier judiciaire ». L’agence de presse Tasnim confirme cette information et précise le remplacement des poursuites judiciaires par un cours dispensé par la police et la signature d’une promesse écrite de ne plus commettre de délit, comparable au stage de citoyenneté et au rappel à la loi en vigueur en France. Précisons que les hommes sont eux aussi concernés puisqu’ils ne peuvent se promener torse nu ou en short.

Pour Faribâ Adelkhâh, « […] le hejâb ne serait ni un simple appareil de domination, ni un simple instrument d’émancipation, mais un contrat social, par définition conclu entre des acteurs inégaux »[27]. En effet, elle conçoit dans le hedjâb vestimentaire une notion clef qui est celle de la confiance que les femmes prennent en elles-mêmes, percevant désormais les opportunités de se réaliser professionnellement et personnellement, mais aussi une confiance que les dirigeants révolutionnaires furent contraints de concéder aux femmes en raison de leur contribution à la révolution.

Une étude sociologique menée en 2010 par l’université des sciences médicales de Baghiatallah[28] nous paraît intéressante pour éclairer la réalité de la perception du hedjâb vestimentaire parmi la génération postrévolutionnaire : sur 531 femmes dont l’âge était compris entre 15 et 29 ans, interrogées à travers plusieurs villes réparties sur neuf régions, 77% préfèrent un hedjâb vestimentaire plus couvrant tandis que 19% souhaitent son relâchement et 4% ne pensent pas qu’il ait une influence. Parmi l’ensemble de ces femmes, 66% d’entre elles estimaient que l’habillement occidental était en non-conformité avec leur code vestimentaire.

Plusieurs sortes de pièces vestimentaires existent : le rousari est une pièce de tissu carré qui se porte en forme de triangle, le châl est une longue pièce de tissu rectangulaire, tandis que le maqnaé est une sorte de foulard-cagoule portée dans les lieux officiels et dans les universités.

 

 

Lectures complémentaires :

Ma liberté furtive : foulard iranien et propagande occidentale (https://mystealthyfreedom.wordpress.com/2015/08/10/my-stealthy-freedom-iranian-headscarf-and-western-propaganda/)

Le voile en Islam : ce qu’en dit le Coran (https://internationalinfos.wordpress.com/2015/05/04/le-voile-en-islam-ce-quen-dit-le-coran/)


[1] Faribâ Adelkhâh, Les Paradoxes de l’Iran – idées reçues sur la République islamique, Le Cavalier bleu, 2013, p. 226.

[2] André Malraux, Les Voix du Silence, Gallimard, février 1952, p. 172.

[3] Pour plus d’information sur le royaume saoudien et l’influence du wahhabisme en Arabie saoudite, cf. Malise Ruthven, L’Arabie des Saoud. Wahhabisme, violence et corruption, La Fabrique, 2019.

[4] Faribâ Adelkhâh, Les Paradoxes de l’Iran – idées reçues sur la République islamique, Le Cavalier bleu, 2013, p. 133.

[5] Propos rapportés dans le journal Kayhân du 8 mars 1979.

[6] Nous ne pouvons que conseiller cette excellente analyse intitulé Ma liberté furtive : foulard iranien et propagande occidentale, dont l’autrice a choisi l’anonymat sur son blog : https://mystealthyfreedom.wordpress.com/2015/08/10/my-stealthy-freedom-iranian-headscarf-and-western-propaganda/

[7] Shahâb al-Din Eshrâqi (1926-1981), clerc de son état, avait épousé Sediqeh, la fille aînée de Khomeyni, en février 1951. Il devint rapidement un confident de l’ayatollâh, l’accompagnant dans son exil et assumant les missions qu’il lui confiera, malgré sa santé fragile. Déjà atteint d’une crise cardiaque en 1979, puis d’une seconde en février 1980, il décède le 12 septembre 1981 foudroyé par un accident vasculaire cérébral.

[8] Moubârak est ici employé comme une marque de respect et d’attachement à la personne de l’ayatollâh Khomeyni.

[9]Propos rapportés dans le journal Kayhân du 8 mars 1979.

[10] Parvin Paidar, Women and the Political Process in Twentieth-Century Iran, Cambridge University Press, 1995, p. 234.

[11] Hassan Rohâni, Mémoires, Islamic Revolution Documentation Center, vol. 1, p. 571-572.

[12] Fazlollâh Mehdizâdeh Mahalâti (1920-1986) sera élu député après la révolution. Il fut tué en 1986 en compagnie de sept autres parlementaires alors que son avion fut abattu à 25 kilomètres au nord d’Ahvâz par des chasseurs irakiens, provoquant la mort de 50 personnes.

[14] Propos rapportés dans le journal Kayhân du 10 mars 1979.

[15] Propos rapportés dans le journal Kayhân du 6 juillet 1980.

[16] Propos rapportés dans le journal Enqelâb-é islâmi du 19 juillet 1980, dans un article intitulé Hedjâb, école et méthode.

[17] Political Studies and Research Institute (www.psri.ir), http://revolution.pchi.ir/show.php?page=contents&id=11556. Les références de cette sources sont présentées sous l’intitulé Sahife-yé Nour, vol. 8, p. 339.

[18] Le Coran, 24;30-31, traduction de Muhammad Hamidullâh, Le Club français du Livre, 1971.

[19] Le Coran, 33;59, traduction de Muhammad Hamidullâh, Le Club français du Livre, 1971.

[20] Ahmad Qâbel, Les décision des femmes dans la shari’at, Mohammadi, pp. 11-12. Nous ne pouvons que conseiller au lecteur curieux et désireux d’approfondir la question du caractère obligatoire ou non du hedjâb vestimentaire de lire cet entretien du professeur Mahmoud Azab (1947-2014) : Le voile en Islam : ce qu’en dit le Coran | internationalinfos (wordpress.com) (https://internationalinfos.wordpress.com/2015/05/04/le-voile-en-islam-ce-quen-dit-le-coran/).

[22] Political Studies and Research Institute (www.psri.ir), http://revolution.pchi.ir/show.php?page=contents&id=11556

[23] Mohammad Mohammadi Nik, connu sous le nom de Mohammad Reyshahri (né en 1946), fut notamment le premier ministre du Renseignement de la République islamique entre 1984 et 1989. Juge en chef du tribunal militaire révolutionnaire, il mit en échec les coups d’Etat de Nojeh le 8 juillet 1980 et celui de Sâdeq Qotbzâdeh le 8 avril 1982 (accusé d’avoir planifié l’assassinat de l’ayatollâh Khomeyni, il sera fusillé le 15 septembre 1982), qui causera la chute de l’ayatollâh Shariatmadâri (Reyshahri avouera l’avoir personnellement frappé lors de ses interrogatoires). Il fit également défroqué et exécuté en septembre 1987 mollâ Mehdi Hâshemi (Gardien de la Révolution qui s’opposa à l’affaire Iran-Contra), deux jours avant que Khomeyni ne commue sa condamnation à mort en assignation à résidence. Il fut également nommé procureur en chef du Tribunal spécial pour le Clergé en 1990 et est depuis 2016 membre de l’Assemblée des Experts.

[24] Political Studies and Research Institute.

[25] « Tous les ministères, institutions et filiales sont fermement avertis que si tout signe de ce qui est souligné par l’Imâm et la volonté du peuple iranien est vu ou une employée se rend sur le lieu de travail sans tenue islamique, ses droits et avantages seront coupés en temps réel. » Political Studies and Research Institute.

[26] L’ensemble des lois iraniennes peuvent être consultée sur le site du ministère de la justice www.ghavanin.ir, l’équivalent iranien de notre site français www.legifrance.gouv.fr. Rappelons que les organisations terroristes américaines Iran Human Rights Documentation Center et MEHR (Mission for Establishment of Human Rights) ont diffusé sur leurs sites internet un faux code pénal iranien dans le but de mener une opération de désinformation massive et de propagande en défaveur de l’Iran.

[27] Faribâ Adelkhâh, Les Paradoxes de l’Iran – idées reçues sur la République islamique, Le Cavalier bleu, 2013, p. 139.

[28] Ahmadi, Khodabakhsh ; Bigdeli, Zahra ; Moradi, Azadeh ; Seyed Esmaili, Fatholah (summer 2010) : Rabete-ye e’teqad be hijab va asibpaziri-e fardi, khanvedegi, va ejtema’i [Relation entre la croyance au hijab et la vulnérabilité individuelle, familiale et sociale], Journal of Behavioral Sciences (JBS), Vol. 4, n. 2, pp. 97-102, Téhéran : Université des sciences médicales de Baghiatallah, ISSN 2008-1324.