La Femme en Iran

 

par Morgan Lotz

 

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Vaste sujet que celui des femmes iraniennes… Entre clichés occidentaux et réalité orientale, nous avons choisi d’étudier dans cet article les femmes iraniennes à travers leur histoire afin de découvrir le contexte iranien que les Occidentaux ne connaissent pas et de comprendre leur rôle dans la société iranienne selon une étude socio-anthropologique.  Nombreuses sont les conceptions infatuées et tenaces les stéréotypes dénués de tout fondement conférant aux Iraniennes un rôle d’objet d’un patriarcat désuet et opprimant – il n’en est rien. L’image de la Femme musulmane est perçue d’une manière fortement altérée par une vision occidentale, souvent emprunte d’une orgueilleuse ignorance résultant d’un manque cruel d’informations et de documentations de qualité, dont la Femme iranienne est l’une des victimes. Mais, bien plus que les préjugés sévères et cuistres, c’est sûrement l’absence d’une rigueur d’étude et la mainmise d’une obsessionnelle vision de l’Histoire souhaitant réécrire à sa convenance idéologique le passé de l’humanité qui dessert le plus la « cause » des femmes. La Femme iranienne n’échappe pas à cette mascarade, elle en est au contraire le chiffon rouge historiquement brandi et agité pour justifier une coquecigrue qui ne peut l’être et qui n’a d’ailleurs aucune raison d’être sinon la bêtise – à moins qu’il ne s’agisse d’une quelconque mercatique serviteur…

A fortiori, les femmes occidentales sont perçues négativement en Iran, apparaissant semblablement à des marchandises vouées au commerce des désirs eux aussi marchandisés et dont l’origine et les conséquences résultant de son développement ne peuvent être exposées ici.  La critique d’un asservissement social des femmes trouve un héraut des plus inattendus en Occident avec cette déclaration de l’ayatollâh Khomeyni : « Les gens disent que, par exemple, en Islam, les femmes doivent entrer dans la maison et s’enfermer. C’est une fausse accusation. Dans les premières années de l’Islam, les femmes étaient dans l’armée, elles sont même allées sur les champs de bataille. L’Islam n’est pas opposé aux universités. Il s’oppose à la corruption dans les universités ; elle s’oppose au retard dans les universités ; elle s’oppose aux universités coloniales. L’Islam n’a rien contre les universités. L’Islam donne du pouvoir aux femmes. Il les met à côté des hommes. Ils sont égaux »[1]. Surprenants propos, il en est, lorsque la loi considère une femme comme équivalant la moitié d’un homme. Une distinction est cependant nécessaire pour correctement appréhender notre sujet : il convient de distinguer les éléments sociologiques à une époque donnée et en un lieu donné des éléments sociologiques d’aujourd’hui dans un lieu particulier. Il en est de même concernant les éléments historiques, culturels et cultuels se plaçant dans une contextualité précise et forgée par des éléments dont l’indisposition à notre esprit nous entraîne trop souvent dans des conclusions hâtives que nous venons de dénoncer. La compréhension d’un fait, en particulier un fait social, n’est guère identique selon que l’on soit iranien ou non iranien ; ainsi en est-il de la « condition féminine » en Iran, où la réglementation islamique exigeant le port du voile n’est point perçu comme elle peut l’être en Occident, de même que les débats à son sujet en Iran trouvent leurs arguments parmi les courants de pensée iraniens et non selon parmi ceux d’Occident. Il est nécessaire d’appréhender cette réalité si l’on veut saisir et comprendre le sens des mouvements féministes en Iran, qui portent à ce jour leur attention principalement sur les inégalités juridiques.

La nécessaire présence de la Femme, fondamentale pour la société iranienne, ne peut être comprise qu’en étudiant attentivement les différentes périodes historiques de l’Iran, mais également les différents apports ethniques et culturels qui forgent l’Iran du 21ème siècle.

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 Première partie : La Femme iranienne durant la période pré-islamique : l’Iran des origines et l’Iran matriarcal 

 

L’iranologie a connu ce siècle dernier d’importants progrès en raison notamment d’une étude plus scrupuleuse et approfondie des sources iraniennes, remplaçant peu à peu les sources grecques dont les nombreux écrits renseignaient les chercheurs occidentaux depuis plusieurs siècles. Plusieurs milliers d’œuvres d’art et d’éléments documentaires furent découverts par les archéologues et permirent de la sorte de mieux renseigner nos sources documentaires sur les différentes périodes qui composent l’Histoire de l’Iran antique.

Ces documentations démontrent que la situation sociale des individus, hommes comme femmes, fut étroitement liée à l’organisation sociale et politique durant la période de l’Iran ancien. Bien entendu, ces traces les plus souvent archéologiques pour des périodes aussi anciennes ne nous permettent guère de connaître avec précision les différentes composantes d’une société vieille de plusieurs siècles voire millénaires, cependant nous permettent-elles de préciser, de confirmer ou d’infirmer ce que nous enseignent les études historiques composées à diverses périodes de l’Histoire par les historiens de tout temps.Fi 3

 

1) La Femme iranienne de la préhistoire à l’antiquité : l’établissement d’une société matriarcale

Aux alentours de 10 000 ans avant Jésus-Christ, les populations vivant majoritairement de manière troglodyte se mirent à bâtir des habitations consécutivement aux évolutions climatiques et à l’apparition d’un climat plus favorable à la constitution et à l’expansion urbaine sur le plateau iranien. Constituées en tribus, ces populations conféraient à l’entité familiale la centralité du pouvoir.  La femme va jouer un rôle prédominant au sein de cette société qui devient progressivement matriarcale : en effet, son rôle de procréation permettant la continuité des générations et, intrinsèquement, la pérennité de la tribu, lui confère une importance vitale et naturelle qui fit glisser le pouvoir en sa faveur. A ce propos, l’archéologue français Roman Ghirshman[2] explique : « Dans cette société primitive, les tâches difficiles avaient été confiées aux femmes. Par conséquent, une sorte de déséquilibre entre les tâches des hommes et celles des femmes apparut. Ensuite, la femme obtint une position supérieure ». L’homme occupe dans cette construction sociale un rôle de travailleur extérieur afin de subvenir aux besoins de sa famille en coopération avec la femme qui travaille quant à elle au sein du foyer et dispose de sa gouvernance. Le fait d’être l’architecte et le cerveau du foyer lui permit d’assumer les responsabilités et la gérance des affaires tribales au détriment des hommes dont l’influence diminua pour totalement s’effacer et faire apparaître de la sorte une société matriarcale qui finit par complètement s’intégrer dans le système sociétal aryen. Un élément pouvant paraître anecdotique démontre bien le caractère matriarcal de la société iranienne antique : le nom de famille donné aux enfants était celui de la mère, c’est-à-dire non patronymique mais matronymique – aujourd’hui encore en Iran, les femmes qui se marient conservent leur nom de famille, cependant ce dernier est patronymique.

Le philosophe et historien américain Will Durant[3] écrit : « A l’époque du matriarcat, la femme détenait la souveraineté. C’est elle qui jugeait, gérait les affaires de la maison et distribuait la nourriture et tout ce qui était nécessaire à la vie. L’homme était chargé de la chasse des animaux dans les forêts. Puis il confiait les aliments à sa femme pour qu’elle les distribue entre les gens de la tribu. La différence qui existe aujourd’hui concernant la force physique des hommes et des femmes n’était pas visible à cette époque. Plus tard, cette différence apparaîtra, liée aux conditions de vie et à l’environnement. A cette période-là, non seulement la femme n’était pas inférieure à l’homme du point de vue de la taille et de la force physique, mais elle était même très forte. Elle pouvait travailler durement et de longues heures. D’où, lors d’attaques ennemies, elle se battait jusqu’à la mort pour défendre sa tribu et ses enfants ».

La femme va contribuer à l’émergence de la civilisation primitive et à sa métamorphose en une civilisation moderne et évoluée, se développant dans les millénaires précédant l’ère moderne et donnant ainsi naissance à la civilisation iranienne que nous avons coutume de dénommer « civilisation perse », parmi les plus évoluées de toute l’Histoire de l’humanité. Non seulement dépositaire de la gouvernance économique et sociale, la femme iranienne se voit confier la souveraineté spirituelle développant progressivement l’émergence d’une divinité centrale aux caractéristiques féminins ; le culte de cette déesse-mère du panthéon aryen va s’étendre aux régions voisines pour devenir selon Ghirshman une divinité adorées par nombre de peuples asiatiques, dont une représentation supposée sous la forme de statue présentant un visage de femme fut exhumée au cours d’une campagne de fouille ayant eu cours dans la région du Lorestân, dans l’ouest de l’Iran. Il peut dès lors nous paraître probable que l’adoration de la déesse arménienne Anahit puise son origine dans la pratique de ce culte. A ce propos, Paul Masson-Oursel précise : « Comme les Chaldéens, ils révèrent Anahita l’« Immaculée », nom avestique de cette « Grande Déesse », sans doute asiatique d’origine, en laquelle la moitié occidentale de l’Asie, de l’Egée au Pamir, vénérait la fécondité agraire. »[4]

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2) La Femme iranienne au temps des Elamites

Apparue et s’étant développée dans le sud-ouest de l’Iran entre le IVème millénaire avant Jésus-Christ et le Ier millénaire de notre ère, la civilisation de l’Elam figure parmi les plus anciennes civilisations qu’ait connu l’humanité. Peu de traces nous sont parvenues jusqu’à ce que les travaux de l’orientaliste allemand Franz Heinrich Weissbach[5] et des archéologues français Jane et Marcel Dieulafoy[6] et Jacques de Morgan[7] nous éclairent davantage sur l’histoire et la culture de cette civilisation. Cette civilisation organisée sous la forme d’un royaume s’étendant des régions des montagnes Bakhtiâri à Poushtekouh en passant par le Khouzistân et le Lorestân, et dénommée Anzân ou Anshân par ses habitants, nous intéresse particulièrement en raison de la découverte d’une statue représentant une reine qui aurait régné selon les archéologues sur le peuple aryen vivant dans cette région et les monts Zagros. Cette statue est aujourd’hui visible au musée du Louvre à Paris.

Au sein de la société élamite existait aussi une construction sociale basée sur le matriarcat et conférant à la femme la souveraineté du domaine spirituel, dont des poteries en argile retrouvées sur le site archéologique de Sialk, située à proximité de Kâshân, viennent en témoigner par leurs motifs représentant des femmes exécutant des danses à caractère religieux. D’autres détails intéressants furent exhumés au cours des fouilles qui révélèrent des habitations bâties en briques crues à Persépolis, Shahr-é Ray, Tsheshm-é Ali et Suse : les décorations des murs intérieurs étaient l’œuvre des femmes et représentaient des danseuses revêtues de robes somptueuses, dont l’art est encore aujourd’hui pratiqué dans les régions du sud, de l’ouest et du centre de l’Iran. Mais les ornementations ne furent point les seules découvertes attestant d’un sens développé du goût artistique ; de nombreux parements furent mis au jour, tel des bracelets, des colliers et des bagues façonnés dans des matières comme l’argile, la pierre ou bien encore les coquillages, attestant du sens esthétique de la population élamite. La découverte de plusieurs statues représentant des femmes nous permet de mieux comprendre le rôle de la femme dans cette société : outre les déesses, des représentations de reines et de princesses témoignent du pouvoir exercé par la femme élamite.

Concernant le développement de l’art et la représentation anthropomorphe dans la civilisation villageoise de l’Elam, Pierre Amiet souligne « […] les étapes du développement d’un premier art dans les figurines de femmes aux formes opulentes, délibérément stylisées afin d’éviter de reproduire la réalité apparemment redoutée du visage humain, selon une tradition spécifiquement préhistorique remontant en somme au paléolithique. »[8]

L’originalité de la religion élamite apparaît dans la prédominance de la déesse Pinenkir, souveraine du ciel qui ne fut remplacée par le dieu Humban que dans le courant du second millénaire. Le rôle social de la femme élamite n’est pas non plus négligeable : les sceaux retrouvés à Suse laissent apparaître le roi bien souvent accompagné de la reine dont la crinoline qui la revêt ressemble aux statuettes de Bactriane, tandis que la religion s’en inspire à travers un panthéon presque exclusivement féminin, dont les sceaux qui nous sont parvenus témoignent de l’influence mésopotamienne sur les élites susiennes. Pierre Amiet souligne : « A côté des animaux et des monstres, les occupations quotidiennes des hommes avaient la prédilection : chasse, élevage, agriculture et engrangement des récoltes, boulangerie, tissage, et aussi la guerre présidée par un roi-prêtre, héritier direct de la figure de chef de l’époque précédente. Ce personnage n’apparaît qu’une fois à Suse ; de façon plus explicite à Uruk, il joue le rôle du dieu-patron, conçu de ce fait pour la première fois comme anthropomorphe, époux d’une déesse elle-même incarnée. »[9]

Il poursuit sa description des vestiges exhumés : « L’inspiration religieuse s’observe sur de grands cachets en cuivre, compartimentés, où figurent des divinités féminines, trônant comme le grand dieu élamite sur un serpent ou un dragon. Le visage peut avoir une finesse proche de celle de l’art néo-sumérien, mais il est parfois remplacé par une tête de rapace, qui évoque une religion plus archaïque. Enfin, des statuettes de femme en chlorite et calcaire blanc portent une crinoline comme les reines d’Elam et confirment la force des liens qui unissaient la civilisation de Bactriane à celle des Elamites. »[10]

L’humanité se confond encore dans la cosmogonie du monde et l’inspiration mésopotamienne de l’homme-taureau se transpose en déesses-poissons et en hommes-mouflons gardiens de l’Arbre sacré, symbole de la Vie qui répond comme l’écho lointain de l’arbre Tûbâ accueillant le nid de la Simorgh… Ces mêmes stèles ne manquent pas de représenter le roi en prière devant le dieu Inshushinak, entouré par son épouse la reine et une prêtresse.

L’apogée de la civilisation élamite coïncide avec une nouvelle recherche esthétique : « Exceptionnellement en Orient, qui ne s’intéressait habituellement qu’à des types idéalisés plutôt qu’aux individualités, on trouve ainsi l’évocation de ces dernières : les hommes dont la rudesse austère exprime le caractère élamite, et les femmes dont la chevelure est diversement élaborée. Une stèle de Suse est le seul témoin de la sculpture ; elle représente entre autres la grande déesse guerrière comme androgyne, barbue, selon une spécificité élamite. »[11]

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3) La Femme iranienne sous les périodes des Mèdes (678 – 549 avant Jésus-Christ) et des Achéménides (559  330 avant Jésus-Christ)

Roman Girshman décèle deux événements dont l’importance doit être soulignée ayant eu lieu au début de Ier millénaire avant Jésus-Christ : d’une part, la découverte et l’appréhension du fer dont les gisements se trouvaient dans les montagnes de toute la partie nord de l’Iran et, d’autre part, l’immigration des populations indo-européennes vers l’Inde, l’Iran et l’Europe. Cette évolution va considérablement influencer les sociétés qui se développent en Asie occidentale, à savoir les peuples aryens des Mèdes dans l’ouest, des Perses au sud et des Parthes dans l’est. Notamment marquée par des liens forts avec son voisin mésopotamien, la culture mède voit son influence s’étendre jusque dans le sud de la Russie et du Turkménistan après avoir vaincu l’empire assyrien. C’est justement sous cette influence que la société matriarcale va peu à peu disparaître pour laisser la place au patriarcat, sans toutefois ôter aux femmes la charge de l’agriculture et l’importance qui leur était jusqu’à présent conférée ; bien que leur pouvoir se réduit, elles conservent tout de même leurs droits familiaux, la gouvernance de la tribu et le pouvoir de juger. L’orientaliste russe Igor Diakonoff[12] écrira à ce propos : « La période matriarcale se termina avec l’extinction de la dynastie mède et durant le gouvernement achéménide. L’homme et la femme jouissaient de droits égaux. » Citant Ctésias[13], il rappelle le droit pour les filles et les beaux-fils du souverain d’hériter du trône. Il est intéressant de noter que les vêtements sont à cette époque différents selon les sexes et que les femmes mèdes ne portent pas encore le voile. Ghirshman note à propos du mobilier funéraire retrouvé lors des fouilles qui permirent l’exhumation de tombes mèdes dans le Lorestân : « A cela s’ajoutent, venues des mêmes sépultures, quelques images du panthéon adoré, parmi lesquelles nous croyons pouvoir reconnaître quelques rares divinités de la religion archaïque iranienne. Ce sont : le dieu Zurvan, l’androgyne, donnant naissance aux jumeaux Ahura Mazda er Ahriman, les deux principes du bien et du mal, et Sraosha, le justicier. »[14]

Aux Mèdes succédèrent les Achéménides lorsque Cyrus II (576-530), dit « le Grand », devint le premier roi de la dynastie en 559 avant Jésus-Christ. Sa mère, Mandane – qui fut la fille du dernier souverain mède Astyage demeuré sans postérité masculine –, permit la passation du pouvoir et conserva toute sa vie durant une influence sur son fils qu’elle avait toujours éduqué et préparé à son destin royal. Elle fonda des écoles chargées d’éduquer les garçons aux diverses qualités nécessaires d’une bonne éducation, citons par exemple le tir à l’arc, le combat et l’équitation, mais également destinées à transmettre les enseignements qu’elle enseigna elle-même à son fils et qui comptent parmi les plus grandes qualités du souverain achéménide, à savoir la distinction du juste et de l’injuste, qualités de justice qui restent encore aujourd’hui rattachées à la figure de Cyrus le Grand. Ce dernier ne cessera d’ailleurs jamais de lui témoigner son respect et le souvenir de Mandane demeure l’un des plus célèbres exemples de la prédominance de la Femme dans la culture et l’identité iranienne, parmi d’autres femmes illustres comme l’eurent été le commandant Panteâ, la reine Atousâ, Roxane l’épouse iranienne d’Alexandre le Grand et la reine et amiral Artémisâ. Le rôle des femmes dans le développement de la société achéménide n’est d’ailleurs plus à démontrer : en effet, des tablettes retrouvées à Persépolis témoignent de la participation des femmes dans la construction de la capitale achéménide et de leur traitement identique à celui des hommes ; nul esclave n’y travailla, mais les divers corps de métiers nécessaires à une telle entreprise et rémunérés sous forme de salaires. Plutarque[15] n’hésitera d’ailleurs pas à souligner dans ses écrits le rôle prépondérant des femmes au sein de l’empire achéménide. Les bas-reliefs sculptés à Persépolis ont ceci de surprenant qu’aucune représentation de femme n’y figure parmi une myriade de figures masculines, animales et mythologiques, contrairement à de nombreux autres sites antiques sur lesquels les représentations féminines nous sont parvenues dans un bon état de conservation, de même que des sceaux exhumés par les archéologues représentent des femmes. Les archéologues émettent l’hypothèse que ces représentations aujourd’hui absentes aient pu être détruites lors de la destruction du site par Alexandre le Grand en mai 330 avant Jésus-Christ. Cependant, d’importants vestiges échappèrent à la destruction, et notamment les tablettes administratives qui constituent l’une des plus importantes sources d’informations concernant l’organisation sociale de l’empire achéménide. Ces dernières nous renseignent sur les catégories sociales auxquelles pouvaient appartenir les femmes achéménides : les mutu étaient les femmes n’appartenant pas à la noblesse royale, les irti étaient les femmes appartenant à celle-ci mais non mariées et, enfin, les duksis, qui appartenaient quant à elle à cette noblesse et étaient mariées. Ces tablettes mentionnent également le rôle important que certaines femmes purent exercer au sein de l’administration. La polygynie ne semblait pas avoir été courante en cette époque, sauf peut-être chez les souverains et les personnages importants de la noblesse si l’on en croit les informations rapportées par les historiens grecs comme Hérodote[16], Plutarque, Dinon de Colophon[17] et Ctésias.

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Un élément doit être souligné ici concernant les mœurs des Iraniennes : nombre d’historiens pensent pouvoir dater l’apparition du voile sous le règne de Cyrus le Grand, avec pour dessein de préserver leur chasteté. L’habitude pour les femmes de porter le voile aurait ainsi été transmise et se serait poursuivie durant les époques achéménide et séleucide avant de s’inscrire dans les usages byzantins ; c’est lors des invasions arabo-musulmanes qu’ils auraient été adoptés par l’Islam et se seraient répandus à travers tout son territoire comme une nouvelle habitude. Dans son livre Les Voix du Silence, André Malraux écrit : « Les femmes portaient le voile à la cour de Byzance comme à celle des Sassanides, et le cérémonial des Porphyrogénètes ne surprenait guère les ambassadeurs perses. Darius n’eût-il pas remercié Basile II de l’avoir ressuscité, d’avoir effacé de la terre jusqu’à l’âme de Phidias et de Brutus ? »[18]

La situation sociale de la Femme va connaître un changement capital avec la défaite des Achéménides devant les armées d’Alexandre le Grand et son remplacement par la dynastie grecque des Séleucides (305 – 64 avant Jésus-Christ). L’Iran, alors sous la domination grecque, va absorber une partie de sa culture, bouleversant de la sorte la société iranienne pour s’imprégner de certains us et coutumes du vainqueur : la Femme grecque n’est point la Femme iranienne et son statut dans la société hellénique n’est guère aussi salutaire que celui que lui confère la société iranienne. L’importante migration grecque en Iran perturba le mode de vie iranien et le mariage zoroastrien monogame fut contrarié par le nouveau changement sociétal consistant pour moult femmes grecques à devenir les maîtresses des hommes iraniens dans le cadre de mariages temporaires ou de ce que nous nommons couramment aujourd’hui des unions libres.

Cette soudaine régression de la situation de la Femme s’améliora de façon partielle au sein de l’empire parthe, ou empire arsacide (247 avant Jésus-Christ – 224 de notre ère), principalement sous l’effet des us et coutumes conservés par les différentes tribus qui peuplaient les vastes espaces de l’Iran central et méridional, dont l’unité fut difficilement maintenue face aux menaces séleucide et romaine.

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4) La Femme iranienne chez les Sassanides (224 – 651)

Le rôle de la Femme sous la période sassanide est étroitement lié avec sa considération pour la foi zoroastrienne, devenue alors religion d’État sous l’empire sassanide gouverné par les mobeds, les prêtres zoroastriens connus comme les fameux mages de l’Iran antique. Les femmes, qui pouvaient elles aussi devenir mobeds, vont regagner tous les avantages perdus sous l’influence séleucide et même en acquérir des nouveaux sous l’impulsion des enseignements zoroastriens. Tablettes et inscriptions découvertes témoignent de la situation particulière des femmes de la cour et du règne d’Ardashir Ier[19] durant lequel les femmes furent respectées et ne pouvaient être ignorées de quiconque, même du souverain. Autre point important, et non des moindres : la mère de Shâpour II (309 – 379) s’occupa de la régence de sa naissance jusqu’à sa vingtième année en collaboration avec des mobeds. Le mobed Adurbâd Mahrspandân[20] écrira dans ses andarz[21] ce précepte : « Au cas où tu aurais un enfant, que ce soit une fille ou un garçon, envoie-le à l’école pour qu’il soit orné de la lumière de la raison et qu’il vive bien ».

La dynastie sassanide compte deux femmes parmi la liste de ses souverains : il s’agit des reines Pourândokht (590-632), dénommée Bourane en moyen-persan, et sa sœur cadette Azarmidokht (600-631) qui régneront successivement entre 630 et 632. Nous y reviendrons plus en détail dans un autre article consacré aux femmes iraniennes célèbres durant l’Antiquité. Les femmes sassanides ne rayonnèrent cependant uniquement par la royauté mais également dans un domaine beaucoup plus inattendu : en effet, elles pouvaient s’engager dans l’armée au même titre que les hommes, ce qui surprenait grandement les Romains qui ne manquaient pas de les apprécier comme butin de guerre lorsqu’ils les capturaient.

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 Couverture du livre du docteur Kaveh Farrokh, Sassanian Elite Cavalry AD 224-642 (paru en 2005). On notera la représentation d'une femme parmi les cavaliers. 

Le domaine juridique va lui aussi codifier les normes sociales, notamment à travers la rédaction du Mâdayân-i Hazâr Dâdestân, le « Livres des mille jugements », recueil des lois datant de la fin de la période sassanide, c’est-à-dire la première moitié du VIIème siècle de notre ère. Nous pouvons lire dans son dix-neuvième chapitre aux paragraphes deux et trois « On ne peut pas marier les filles sans leur consentement. » de même que nous lisons au vingt-neuvième paragraphe du vingt-huitième chapitre « Les fils et les filles participent au paiement des dettes de leurs parents décédés. ». Ces lectures nous montrent non seulement que les femmes reçoivent la même considération que les hommes en matière de droits et de devoirs mais également qu’elles perçoivent des revenus ou disposent de sources fiduciaires logiquement nécessaires pour permettre le règlement de ces obligations. L’orientaliste allemand Christian Bartholomae[22] se basera sur le Mâdayân-i Hazâr Dâdestân pour écrire son ouvrage La femme dans le droit sassanide dans lequel il rapporte la liberté de la femme concernant le choix de son époux ainsi que son droit de refuser le prétendant choisi par son père sans que celui-ci ne puise la priver de son héritage ou la sanctionner de quelque manière que ce soit. Bartholomae précise ceci à propos du droit de succession : « Dans le droit sassanide, le partage de l’héritage après la mort du père se réalisait. La femme et les fils avaient des parts égales. Si les filles étaient mariées et qu’elles avaient apporté une dot, elles en possédaient la moitié. Sinon elles héritaient de la même manière que leurs frères ».

Le statut de la Femme dans l’Iran sassanide était en fait lié en tout point à la foi zoroastrienne, dont nous avons aperçu dans ce paragraphe l’importance et la régence dans la destinée de l’Iran.

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5) La Femme dans le zoroastrisme

Le zoroastrisme va depuis sa révélation conférer à la Femme une dimension parmi les plus exceptionnelles, non seulement du point de vue théologique mais également en ce qui concerne son rôle au sein même du clergé, puisqu'il est le seul des quatre monothéismes révélés à conférer aux femmes la possibilité de devenir clerc. La religion zoroastrienne est encore de nos jours malheureusement considérée à tort par certains comme une religion patriarcale excluant les femmes – à moins qu’il ne s’agisse là d’une énième propagande iranophobe… Nous ne pouvons que trop conseiller la lecture des Gathas, si admirablement présentés et analysés par Khosro Khazai Pardis dans son ouvrage Les Gathas, le livre sublime de Zarathoustra[23]. Cet aspect du rôle de la Femme dans la religion zoroastrienne mérite une étude approfondie pour là aussi abattre l’ignorance mensongère. Tout d’abord, les femmes pouvaient devenir prêtre – en langage zoroastrien, mobed –, présider les offices religieux et se voir confier les plus importants sacerdoces, notamment celui de zautâ ; l’invasion des arabo-musulmans et l’imposition de la foi islamique mettra un terme à ce privilège jusqu’à ce qu’il soit rétabli en 2009 sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejâd. Curieusement, le clergé zoroastrien est aujourd’hui réputé en Iran pour son conservatisme et sa dynamique d’ouverture sociale et culturelle associé à un nationalisme très fort dont il est l’un des symboles les plus originels et plus souvent le fait des femmes prêtresses.

Le Mâdayân-i Hazâr Dâdestân nous apprend qu’un groupe de femmes interrogèrent un jour un juge ; ce dernier put répondre à l’ensemble des questions à l’exception d’une seule. Les femmes qui l’interrogeaient lui indiquèrent aussitôt les références bibliographiques grâce auxquelles il trouva la réponse. Cette anecdote nous permet de savoir que les femmes sassanides étaient en mesure de maîtriser les compétences juridiques, ce qui démontre leur niveau d’instruction.

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Pour le zoroastrisme, l’homme et la femme sont égaux dans la Création puisque émanant tous les deux de l’Esprit créé par Ahurâ Mazdâ et insufflé pour qu’il devienne vivants dans les corps de Mashyâ et Mashyâné, respectivement le premier homme et la première femme. Cette création inclut conséquemment leur parfaite égalité puisqu’ils sont de même substance et de même essence. De plus, lorsque paraîtra à la fin des temps Saoshyant, le sauveur cité dans l’eschatologie zoroastrienne, trois mille personnes viendront le rejoindre au lac Hamoun, dans l’est de l’Iran d’où il accomplira sa Parousie, étant pour la moitié des hommes et pour l’autre moitié des femmes. Nous pouvons poursuivre avec d’autres exemples de l’importance et du rôle essentiel des femmes dans le zoroastrisme en citant les Amesha Spenta, les « Saints immortels »[24], dont trois portent des prénoms masculins, à savoir Vahman, Ashe Vahisheh (ou Ordibehesht) et Khashatra Viiriyeh (ou Shahrivar), et les trois autres des prénoms féminins : Spenta Armaiti (ou Sepandarmazd ou Espand), Heurvatât (ou Khordad) et Amrdâd (ou Emratât).

Un autre exemple peut être cité parmi les Yazata – signifiant « adorable » ou « digne d’adoration ou de vénération » –, qui sont des entités spirituelles comparables dans une certaine mesure avec les anges, créés par Ahurâ Mazdâ dans le but de protéger les êtres humains en les aidant à s’élever et à se purifier. Lorsque nous trépassons, notre âme se rend à l’aube du quatrième jour succédant notre décès sur le pont de Chinvat, sur lequel se décide notre accession à la Maison du Drudj (se traduisant par « mensonge ») ou la Maison des Chants, c'est-à-dire le Paradis. Pour interroger l’âme sur ses actions accomplies lors de son existence terrestre se côtoient les Yazata masculins Mithra et Sraosha accompagné du Yazata féminin Rashnou, dévolue à la Justice, et assistée par Dina (ou Daena, représentant la conscience et la religion), elle aussi féminin. D’autres Yazata, eux aussi féminin, sont particulièrement importants : Cista (ou Chista), qui personnifie la sagesse et auquel Zarathoustra quémanda secours à plusieurs reprises, et Ashi Vanghuhi, personnification du don et de la clémence veillant aux bénédictions adorées par le prophète dans ses Gâthâs. De même les fravashi, les anges gardiens que possèdent chaque individu, agissent sans distinction envers les hommes et les femmes.

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C’est à l’image de ces entités spirituelles qui sont autant d’émanations des qualités divines qui constituent la perfection et la lumière de l’Etre que l’être humain doit se référer. Le Yasna 38 rapporte dans son trente-huitième chapitre : « Ô Ahurâ Mazdâ, nous admirons les femmes de ce pays et de même les femmes qui pratiquent la religion de la vérité et de la bonté ». William Durant n’a pas hésité à rappeler le statut élevé de la Femme au temps de Zarathoustra, statut hérité des coutumes existantes qui perdurèrent dès lors pour la plupart jusqu’à la conquête des arabo-musulmans. L’orientaliste danois Arthur Christensen[25] écrit quant à lui : « Dans l’Iran ancien, les hommes traitaient leurs femmes avec délicatesse. La femme jouissait d’une liberté totale, que ce soit dans sa vie privée ou dans sa vie sociale ». Les droits et les devoirs des femmes sont édictés par l’Avestâ, le livre sacré tenant lieu de code sacerdotal pour le mazdéisme et le zoroastrisme. Aucune différence entre les hommes et les femmes n’est exprimée dans ce texte saint qui appelle à l’éducation des enfants à travers une sentence devenue fameuse : « Oh Ahurâ Mazdâ, donnez-moi un enfant qui puisse se montrer capable d’accomplir ses devoirs et d’assumer ses responsabilités envers sa famille, sa ville et son pays ».

La femme détient le droit de propriété et sa gouvernance de manière indépendante de même qu’elle pouvait se voir confier la gérance des affaires et la représentation judiciaire de son mari si celui-ci le décidait pour diverse raison. Dans le cas où ce dernier se révélerait violent ou indigne, son épouse peut saisir la justice et demander sa condamnation, le témoignage des femmes étant reconnu et accepté par les tribunaux et l’appareil judiciaire au sein duquel les femmes peuvent devenir juges ou avocates. Propriétaire de ses biens, elle pouvait bien entendu les léguer à ses enfants dont elle pouvait également être tutrice et responsable. Les personnes étrangères à la famille ne pouvaient aucunement hériter, les héritiers légaux ne pouvant être déshérités ; dans le cas où cette loi était violée, une telle disposition était déclarée caduque et non exécutoire. Le droit familial imposait à l’homme la surveillance et l’assistance de sa famille qu’il devait traiter avec respect ; s’il venait à décéder, le droit de tutelle revenait directement à son épouse, également en droit de demander le douaire. Si le couple choisissait de divorcer, l’homme était dans l’obligation de subvenir aux besoins de son ancienne épouse jusqu’à son nouveau mariage si cette dernière ne possédait pas les moyens de sa subsistance.

Fi 12

Le zoroastrisme ne conçoit pas le mariage dans l’optique de satisfaire des besoins charnels mais dans le dessein de faire triompher le Bien en créant des êtres humains auréolés des valeurs spirituelles et philosophiques de la foi zoroastrienne ainsi transmise par l’éducation. Le mariage devient dès lors un acte revêtu d’une dimension sacrée, dont le fondement naît du caractère profondément égalitaire entre les sexes, rejetant de la sorte toute possibilité de discrimination sexiste, cette dernière allant dans le sens inverse voulu par ce sacrement. Confirmant ce caractère émancipateur et profondément respectueux de l’individu, la loi zoroastrienne interdit au père de marier sa fille sans son consentement et celui de sa mère. Zarathoustra en fut lui-même l’exemple avec sa fille Pouroushistâ lorsqu’il lui déclara : « Ô Pouroushistâ, j’ai choisi Djâmâsp qui est un homme savant pour mari ; réfléchis raisonnablement et vois s’il mérite de t’épouser ou non ».

Wilhelm Geiger[26] rappelle l’ordonnance des responsabilités au sein du foyer zoroastrien, ordonnance qui perdure encore de nos jours dans l’esprit iranien : l’homme se voit conférer le titre de némanpitti, se traduisant par « seigneur de la maison », et la femme némanépitti, signifiant « lumière de la maison ». A ce titre, la femme qui se marie reçoit la distinction d’épouse et n’est aucunement assimilée à une propriété ou un quelconque servantisme de son époux ; elle devient à la fois la conjointe, l’amie, la partenaire et l’associée de l’homme avec qui elle consacre sa vie. Zarathoustra s’exprime ainsi : « Ô, vous les nouvelles mariées et les nouveaux mariés, maintenant je vous dis ce qu’il convient de faire, gardez en mémoire mes conseils et agissez selon ces recommandations pour parvenir à une vie heureuse. Chacun de vous devra prendre de l’avance sur l’autre sur le chemin du mariage, de l’amour, de la pureté et de la bonté ; c’est seulement de cette manière que vous pourrez atteindre une vie pleine de joies ».

 

Deuxième partie : La Femme iranienne dans la société traditionnelle et l’époque moderne, entre société islamique et culture iranienne


[1]Propos rapportés par Farzâneh Milani, Veils and Words: The Emerging Voices of Iranian Women Writers, Syracuse, New York : Syracuse University Press, 1992, pp. 19, 34–37.

[2]Roman Ghirshman (1895-1979) fut un archéologue et un historien français d’origine ukrainienne, à l’origine des recherches archéologiques en Iran. Il y consacrera plus de trente années de son existence, menant des campagnes de fouilles à travers tout le pays et léguant une œuvre colossale de plus de 300 publications et une vingtaine d’ouvrages qui font de lui la référence en matière d’étude archéologique iranienne.

[3]William James Durant (1885-1981) et son épouse Ariel Durant (1898-1981), de son vrai nom Chaya Kaufman, furent les plus prolifiques chercheurs dans le domaine de l’histoire des civilisations. Après avoir publié Histoire de la Philosophie en 1926, Will et Ariel Durant se consacrèrent ensemble durant quarante années de travail acharné à la rédaction de leur monumentale œuvre intitulée Histoire de la civilisation, dont le premier tome fut publié en 1929.

[4] Paul Masson-Oursel, Les religions de l’Iran, Histoire générale des religions, Librairie Aristide Quillet, 1960, t. 3, p.31.

[5]Franz Heinrich Weissbach (1865-1944) fut un orientaliste rattaché à l’Université de Leipzig entre 1888 et 1935. Ses travaux publiés en 1890 permirent de déterminer une première présentation de la civilisation élamite.

[6]Marcel-Auguste Dieulafoy (1944-1920) et son épouse Jane Dieulafoy (1851-1916), née Magre, furent un couple d’archéologues français à l’origine des fouilles de Suse qu’ils entreprirent en 1884. Leur travail permit l’excavation de la célèbre Apadana de Suse et la découverte de la frise des Lions du palais de Darius. Jane Dieulafoy fut également l’autrice de nombreuses œuvres littéraires.

[7]Jacques de Morgan (1857-1924) fut un archéologue, égyptologue et iranologue à l’origine de la découverte du code de Hammurabi.

[8] Pierre Amiet, Les Arts, chapitre VI La Perse, De la Mésopotamie à la Perse, collection La grande histoire des civilisations, Encyclopædia Universalis, 1999, p. 295.

[9] Pierre Amiet, Les Arts, chapitre VI La Perse, De la Mésopotamie à la Perse, collection La grande histoire des civilisations, Encyclopædia Universalis, 1999, pp. 297-298.

[10] Pierre Amiet, Les Arts, chapitre VI La Perse, De la Mésopotamie à la Perse, collection La grande histoire des civilisations, Encyclopædia Universalis, 1999, p. 304.

[11] Pierre Amiet, Les Arts, chapitre VI La Perse, De la Mésopotamie à la Perse, collection La grande histoire des civilisations, Encyclopædia Universalis, 1999, pp. 306-307.

[12]Igor Mikhaïlovitch Diakonoff (1915-1999) fut l’un des plus éminents historiens et linguistes russes, spécialiste de l’histoire et des langues du Proche-Orient.

[13]Ctésias (mort en 398 avant Jésus-Christ) fut un médecin grec connu également pour être un historien de l’Inde et de l’Iran. Il fut notamment le médecin personnel du roi achéménide Artaxerxès II.

[14] Roman Ghirshman, Les Mèdes, chapitre VI La Perse, De la Mésopotamie à la Perse, collection La grande histoire des civilisations, Encyclopædia Universalis, 1999, p. 340.

[15]Plutarque (né vers 46 et mort vers 125) fut un philosophe et biographe romain d’origine grecque.

[16]Hérodote (vers 480 – vers 425) fut un historien et géographe grec.

[17]Dinon de Colophon fut un historien grec ayant vécu au IVème siècle avant Jésus-Christ. Son historiographie de l’Iran achéménide intitulée les Persiques fut une référence durant toute l’Antiquité.

[18] André Malraux, Les Voix du Silence, Gallimard, février 1952, p. 172.

[19]Ardashir Ier fonda la dynastie des Sassanides en 224 et régna jusqu’à sa mort en 241.

[20]Adurbâd Mahrspandân fut grand prêtre sous le règne de Shâpour II (309-179). Cf. A. Tafa??ol?, « ?DURB?D ? MAHRSPAND?N », Encyclopædia Iranica, I/5, p. 477.

[21]Les andarz désignent des recueils de conseils et de sagesse.

[22]Christian Bartholomae (1855-1925) fut un linguiste allemand spécialisé dans l’étude linguistique des idiomes indo-iraniens à laquelle il laissa son nom à une loi phonétique du consonantisme.

[23]Khosro Khazai Pardis, Les Gathas, le livre sublime de Zarathoustra, Editions Albin Michel, 2018.

[24]Jacques Duchesne-Guillemin (1910-2012) les qualifie d’« entité entourant Ahura Mazda et représentant à la fois les qualités du dieu et de l’homme » (cf. Jacques Duchesne-Guillemin, Dictionnaire des religions, PUF, 1984, p. 31). Georges Dumézil (1898-1986) utilise quant à lui dans son Essai sur la formation de la théologie zoroastrienne (1945) le terme d’« archange » pour les qualifier.

[25]Arthur Emanuel Christensen (1875-1945) fut un orientaliste danois spécialisé dans la philologie, la mythologie et les traditions iraniennes.

[26]Wilhelm Ludwig Geiger (1856-1943) fut un iranologue et un indologue allemand. Nous lui devons ses traductions du Dîpavamsa et du Mahâvamsa qui permirent l’étude de la langue pâli, langue religieuse de l’Inde et du Sri Lanka toujours usitée aujourd’hui dans le bouddhisme theravada. L’empereur du Japon Hirohito (1901-1989) lui décernera la médaille commémorative des 2500 ans du bouddhisme en 1935.