Qui était le général Qâsem Soleimâni ?

 

par Morgan Lotz

 

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Le nom de Qâsem Soleimâni fut à la une de l’actualité au début de l’année 2020, non sans susciter une vague d’indignation, de colère et surtout de tristesse dans le monde. Devant l’inquiétude provoquée par ce qui est pour le droit international un assassinat aussi illégal qu’injustifié, la biographie du général Soleimâni fut bien souvent éclipsée dans les médias.

Qui fut le général Qâsem Soleimâni, surnommé « sardar-é delhâ » (« général des cœurs ») ? Celui qui peut être comparé au général français Marcel Bigeard par rapport à ce que sa carrière représente pour les Iraniens est cependant inconnu pour beaucoup d’Occidentaux. C’est pourtant lui qui fut en première ligne sur le terrain avec ses volontaires iraniens, irakiens, libanais et aussi afghans pour combattre la barbarie de Daesh entre 2012 et 2018.

 

 Deuxième partie 

 

III – Qâsem Soleimâni, le général Bigeard iranien

  1. Lutte contre l’Etat islamique

Lorsque les forces de l’Etat islamique avancent vers la ville d’Amirli, située dans le centre de l’Irak et majoritairement peuplée de turkmènes de confession shî’ite, la situation devient préoccupante en Irak. En effet, la ville est assiégée et ses habitants promis au massacre par le groupe terroriste khâridjite à partir du 11 juin 2014 et la résistance armée des habitants ne peut s’éterniser devant la pression adverse, la nourriture, l’eau et l’électricité venant à manquer. Les Nations-Unies se déclarant inquiètes par la situation, les Peshmergas kurdes et plusieurs milices shî’ites, dénommées « Groupes spéciaux » par les Américains, sont dépêchées sur place par les divers protagonistes afin de neutraliser la menace, notamment la 16ème brigade turkmène, les Brigade Badr, les Kata’eb Hezbollâh, les Brigades du jour promis ou bien encore les Asa’ib Ahl al-Haq. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’Iran et les Etats-Unis vont assurer l’appui aérien de l’offensive à laquelle participera le général Soleimâni. Cette offensive finale sera lancée le 30 août et la ville libérée le lendemain. Cette bataille marque une étape importante, puisqu’elle témoigne d’une parfaite coopération entre différents acteurs, notamment avec la mise en place d’un poste de commandement regroupant l’armée irakienne, les différentes milices shî’ites ainsi que le commandement de la force al-Qods.

Chanson rendant hommage au général Soleimâni. Nous attirons l’attention du lecteur sur le militaire américain enlaçant Soleimâni (visible à 3 minutes 30 secondes).

Dès lors, une majorité des milices et autres groupes de combats opposés à l’Etat islamique en Irak et en Syrie vont rapidement se joindre à lui afin de constituer une coalition efficace. Il mène l’opération Ashoura permettant la libération de Djurf al-Sakhar du 24 au 26 octobre 2014, ville capturée quelques mois plus tôt par les terroristes daeshiens qui prévoyaient d’y massacrer la population shî’ite lors des commémorations d’Ashoura. En novembre, les forces shî’ites et kurdes qu’il commande libèrent les villages de Djalula et Saadia. A partir de la fin du mois de décembre débute la bataille de Baiji visant à reprendre le contrôle de l’autoroute qui relie cette ville à la capitale Baghdad ; elle s’achèvera en octobre 2015 et permettra de préparer l’assaut sur la ville de Mossoul destiné à la libérer des combattants daeshistes.

La participation de la force al-Qods permet également de débloquer la situation de la bataille d’al-Anbar qui s’enlise depuis son commencement le 30 décembre 2013, lorsque des tribus sunnites s’insurgent contre le gouvernement central de Baghdad. Les forces daeshistes interviennent dans cette bataille, ce qui permet aux rebelles de prendre Falloudjah le 4 janvier 2014, profitant du chaos régnant et des difficultés de l’armée régulière irakienne confrontée à deux ennemis. La ville voisine de Ramadi tombe à son tour le 17 mai 2015, cette fois-ci entre les mains de l’Etat islamique. Ces deux villes ne seront reconquises par l’armée irakienne qu’après le siège de la ville, s’étendant du 2 février 2016 jusqu’au 22 mai, jour où débute l’offensive baptisée « Opération Briser le terrorisme » qui s’achèvera le 29 juin.

Le 2 mars 2015 débute la seconde bataille de Tikrit, la capitale du gouvernorat de Saladin parmi les villes les plus stratégiques entre Baghdad et Mossoul – elle fut le témoin du massacre de près de 1700 cadets shî’ites et non musulmans de l’armée irakienne au camp Speicher commis par l’Etat islamique après sa conquête en juin 2014. L’armée irakienne, les différentes milices shî’ites et la force al-Qods commandées par Soleimâni qui avait préalablement planifié la bataille, soutenues par les aviations françaises, britanniques et américaines, libèreront la ville le 17 avril.

L’agence de presse Reuters rapporte la tenue d’une réunion à Moscou au mois de juillet 2015 au cours de laquelle le général Soleimâni aurait présenté au président russe Vladimir Poutine un plan de campagne pour la Syrie incluant la participation militaire de la Russie[1].

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Le général Qâsem Soleimâni s’entretenant avec le Guide de la Révolution Ali Khamenei.

Dès lors, Qâsem Soleimâni va superviser de nombreuses campagnes en Syrie à la tête des nombreuses unités précédemment citées regroupées sous son égide. Il sera d’ailleurs légèrement blessé durant des combats à al-Eiss, une ville située au sud-ouest d’Alep, le 22 novembre 2015. Une offensive est lancée avec l’aide de l’aviation russe dans cette région au début du mois de février 2016, permettant ainsi de briser le siège des villes de Nubl et d’al-Zahraa qui aura duré trois années, brisant par la même occasion la voie d’approvisionnement avec la Turquie des rebelles en guerre avec le gouvernement central syrien. Plusieurs photographies apparaitront en décembre suivant montrant le général Soleimâni présent dans la citadelle d’Alep ou participant à une réunion des Hachd al-Chaabi, sans qu’il ne soit toutefois possible de dater ces clichés. C’est un jeu du chat et de la souris qui se poursuit : aperçu en mars 2017 dans la campagne au nord du gouvernorat de Hama où se déroule une offensive rebelle, il commande également en novembre les troupes présentes lors de la bataille de Boukamal. Mais le militaire se révèle aussi un diplomate lorsqu’il se rend à Souleimaniye en octobre 2017 après qu’eut été mené un référendum au sujet de l’indépendance du Kurdistan irakien ; ses négociations seront couronnées de succès puisque les combattants de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK) ne s’opposeront pas à l’armée irakienne épaulée par les Hachd al-Chaabi lors de l’offensive qui débuta à Kirkouk le 16.

Durant l’offensive contre la ville d’Abou Kamal en Syrie, débutée le 23 octobre et achevée le 6 décembre 2017, le directeur de la CIA Mike Pompeo déclare adresser une lettre au général Soleimâni dans laquelle il l’informe lui imputer la responsabilité de toute attaque menée à l’encontre des intérêts américains ; ce dernier l’ignorera complètement et les médias iraniens rapporteront les propos de Mohammad Mohammadi Golpâyegâni[2] citant le général iranien qui aurait répondu à l’émissaire des services de renseignement étatsuniens « Je ne prendrai pas votre lettre, ni ne la lirai et je n’ai rien à dire à ces personnes ».

En plus de son rôle militaire consistant à développer une stratégie de défense shî’ite en Irak en organisant les milices – dont les Kataeb Hezbollâh qu’il fait doter de roquettes Katioucha et de missiles sol-air –, il continue d’assumer son rôle d’influence dans la politique irakienne en participant à Baghdad à une réunion avec les différents responsables de la sécurité du pays afin de limiter l’influence des manifestations hostiles au gouvernement en place qui secouent la place Tahrir depuis octobre 2019. Les Hachd al-Chaabi sont suspecté d’avoir participé à la répression qui aurait causé selon certains médias occidentaux pas moins de 600 morts.War against ISIL in Iraq Edit

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Caricature du magazine britannique The Week parue en mars 2015.

Le rôle du général Soleimâni sera des plus cruciaux dans la lutte contre le mouvement terroriste de l’Etat islamique : par son rassemblement des forces shî’ites et kurdes, il permet la mobilisation d’une force de combat opérationnelle et efficace incontournable pour les puissances occidentales qui n’auraient pu se passer de leur soutien sur le théâtre des opérations. L’Etat-major irakien saluera d’ailleurs la promptitude de l’intervention iranienne qui empêcha l’effondrement total de l’Irak après la chute de Mossoul. A ce titre, le magazine britannique The Week publiera en mars 2015 une caricature représentant le général Soleimâni au chevet des Etats-Unis symbolisés par un oncle Sam alité et mal au point, parfaite illustration de la situation en Syrie et en Irak en cette période.

  1. La considération des Iraniens pour le « général des cœurs »

Qâsem Soleimâni a toujours mené une existence discrète. Père de deux enfants, dont un fils et une fille, il perd sa mère Fâtemeh en 2013 et son père Hassan en 2017. Son frère cadet Sohrab a d’ailleurs été directeur général de l’Organisation des prisons de Téhéran et sanctionné à ce titre par les Etats-Unis en avril 2017.

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Qâsem Soleimâni avec sa mère.

Qâsem Soleimâni est devenu avec le temps une véritable icône pour nombre d’Iraniens. Le média iranien Khabaronline.ir, apparenté comme conservateur modéré, l’élira homme de l’année en 2015 suite à un sondage mené au mois de mars. Ces informations peuvent paraître tronquées puisque émanant d’Iran et donc soupçonnées par certaines mauvaises langues de n’être pas fiables ; cependant, d’autres sondages similaires furent menés par d’autres acteurs et confirment ces chiffres. C’est le cas d’un sondage mené en juillet 2017 par la School of Public Policy de l’Université du Maryland rapportant 78% d’opinions favorables ou très favorables tandis qu’un autre daté d’octobre 2019 rapportait que 82% des Iraniens sondés lui était favorables parmi lesquels 59% lui étaient très favorables.

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Les deux enfants de Qâsem Soleimâni : Zeynab et Mohammad Rezâ.

Comment expliquer cet attrait de presque tous les Iraniens pour le général Soleimâni, attrait qui n’est pas sans nous rappeler celui éprouvé pour le général Charles de Gaulle ou le général Bigeard pour la génération qui a combattu à ses côtés ? Tout d’abord, il convient de rappeler qu’il est un vétéran de la guerre imposée à l’Iran par l’Irak, au cours de laquelle il fut promu commandant d’une division avant l’âge de trente ans, ce qui est particulièrement rare et ce dans toutes les armées du monde. Son rôle permit ensuite de développer une présence solide de l’Iran dans la région en construisant minutieusement une stratégie de défense et de politique étrangère après un conflit dont le traumatisme pour les Iraniens est comparable à celui que provoqua le Première Guerre mondiale parmi les populations européennes.

Lui qui se présenta toujours comme un simple soldat refusa les sirènes de la politique, notamment en 2012 lorsque plusieurs médias iraniens donnèrent un écho au bruit d’un éventuel remplacement du chef de corps de la force al-Qods en vue de se présenter aux élections présidentielles l’année suivante. Alors que certains conservateurs le pressent une nouvelle fois en 2015 d’accepter une telle nomination pour 2017, Soleimâni refuse une nouvelle fois, arguant dans un communiqué publié le 15 septembre 2016 que les rumeurs de sa candidature sont des « rapports de division [menés] par les ennemis » et il réaffirme son souhait de « toujours rester un simple soldat au service de l’Iran et de la Révolution islamique ». La journaliste iranienne Maziar Khosravi, travaillant pour le quotidien Charq considéré comme réformateur, confirme cette popularité par l’attitude vis-à-vis du pouvoir politique de Soleimâni qui « était l’un des rares, si ce n’est le seul des commandants des Gardiens de la Révolution à ne pas intervenir ». Elle poursuit en déclarant : « il montrait de l'empathie pour les femmes considérées mal voilées selon le système politique iranien, estimant qu'elles ne devaient pas être rejetées ».

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L’homme qui voulait demeurer « un simple soldat » était aussi un parfait communicant : il était possible de le suivre au moyen des réseaux sociaux sur lesquels il publiait régulièrement des images des différents théâtres d’opérations auxquelles il participait. Apparaissant très rarement en uniforme, contrairement aux autres officiers supérieurs du Corps des Gardiens de la Révolution, il ne porte jamais de gilet pare-balle lorsqu’il est présent sur le champ de bataille ; l’image de Soleimâni en première ligne sur le front, sans peur, n’est pas sans rappeler dans la mémoire le chevalier Bayard – les sceptiques parleront de propagande en dépit des vidéographies qui viennent en témoigner. Il est décrit comme quelqu’un de doux et calme, dont la discrétion n’était que très rarement interrompue par l’élévation de la voix, mais toujours présent par son charisme silencieux. Ses mémoires furent d’ailleurs consignées en 2016 dans l’ouvrage de Ali Akbari Mozdabadi intitulé Nobles Camarades 17 : Hadj Qâsem.

  1. Les persécutions américaines à l’encontre du général Soleimâni

Considéré par certains analystes comme le deuxième personnage de la République islamique d’Iran après le Guide suprême Ali Khamenei en raison de leur lien d’amitié, le général Soleimâni n’a bien sûr pas échappé aux persécutions américaines à l’encontre de l’Iran et de son peuple.

Les premières sanctions sont imposées en mars 2007 lorsqu’il est inscrit sur la liste des sanctionnés de la résolution 1747 émise par le Conseil de sécurité des Nations unies. Les Etats-Unis le comptabilisent cette même année dans une « Désignation d'entités et d'individus iraniens pour les activités de prolifération et le soutien au terrorisme », interdisant conséquemment tout citoyen américain de commercer avec lui et les autres personnes ou entités désignées.

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Le 18 mai 2011, les Etats-Unis le sanctionnent à nouveau, en compagnie cette fois-ci du président syrien Bashar al-Assad et d’autres fonctionnaires syriens sur la présomption de fournir un soutien matériel au gouvernement syrien. Le 24 juin de la même année, au motif d’être « impliqué dans la fourniture et l’équipement du régime syrien pour réprimer les manifestations »[3], l’Union européenne le sanctionne à son tour, en compagnie du responsable des services de renseignements des Pâsdârân, l’ecclésiastique Hossein Taeb, et du général Mohammad Ali Jafari, chef d’Etat-Major du Corps des Gardiens de la Révolution islamique entre 2007 et 2019. Le Conseil fédéral suisse suivra à son tour ces directives européennes en septembre 2011.

Lors de l’été 2018, un échange remarqué de communiqués officiels et de tweet entre Qâsem Soleimâni et Donald Trump au sujet du transport maritime dans la mer Rouge renforce les tensions déjà vives entre les deux pays et leurs alliés. Sans doute peu habitué à ce qu’on lui tienne tête, le président américain et le Département américain du Trésor sanctionnent le 13 novembre 2018 quatre irakiens qu’ils accusent d’appartenir et d’agir pour le compte du Hezbollâh[4].

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IV – L’assassinat du général Qâsem Soleimâni

  1. Les faits, leur légalité et leurs conséquences

L’assassinat du général Soleimâni allait surprendre le monde, alors qu’aucun des incidents ayant émaillé les jours précédents ne permettaient de supposer un tel dénouement.

Tout commence le 27 décembre 2019 lorsque 36 roquettes s’abattent sur la base K1 située à Kirkouk et tuent un « sous-traitant » de nationalité américaine. Nous ignorons quels furent les événements ayant conduit à ce bombardement, les médias occidentaux ne communiquant aucunement de manière précise et détaillée sur le conflit ayant cours en Irak. Les Etats-Unis vont pourtant accuser les Kata’eb Hezbollâh  et bombarder le 29 cinq de leurs sites (trois en Irak et deux en Syrie), provoquant la mort de 25 personnes et en blessant 51 autres. Les partisans des Kata’eb Hezbollâh décident de manifester leur mécontentement en pénétrant dans les jardins de l’ambassade des Etats-Unis à Baghdad le 31. La situation se tend alors, le président américain Donald Trump accusant sans la moindre preuve l’Iran de porter l’entière responsabilité des attaques.

Le 3 janvier 2020, un avion transportant le général Qâsem Soleimâni se pose à l’aéroport de Baghdad, où il est exceptionnellement attendu par Abou Mehdi al-Mouhandis, le chef des Kata’eb Hezbollâh et commandant en second des Hachd al-Chaabi, les Unités de mobilisation populaire ayant joué un rôle important au cours des années précédentes. Il est environ 1 heure du matin lorsqu’un drone américain MQ-9 Reaper tire plusieurs missiles sur les deux véhicules du convoi qui venait de sortir de l’aéroport. En plus de Soleimâni et de al-Mouhandis, quatre officiers du Corps des Gardiens de la Révolution islamique ainsi que quatre membres des Hachd al-Chaabi sont tués.

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Qâsem Soleimâni et Abou Mehdi al-Mouhandis.

Cette frappe, ordonnée par le président des Etats-Unis Donald Trump en personne, provoque dès lors une onde de choc dans le monde entier et suscite une inquiétude légitime sur un possible conflit direct entre les Etats-Unis et l’Iran. La rapporteuse spéciale de l’ONU en charge des exécutions extrajudiciaires Agnès Callamard déclare que « les meurtres de Qâsem Soleimâni et Abou Mehdi al-Mouhandis violent le droit international des droits de l’homme », précisant l’obligation des Etats-Unis de prouver que « l’individu ciblé constituait une menace imminente pour les autres ». Elle-même ainsi que de nombreux juristes spécialistes du droit international déclarent les dix meurtres « illégaux » et violant le droit international. De nombreux médias anglophones dont BBC News, NBC News, The Times ou bien encore The Guardians qualifient cette action américaine « d’assassinat », tandis que le New-York Times le compare à l’opération Vengeance du 18 avril 1943 au cours de laquelle l’avion transportant l’amiral japonais Isoroku Yamamoto (né en 1884) sera abattu par une escadrille américaine. D’autres réactions se font entendre, notamment celle du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et de l’ancienne directrice des affaires iraniennes au sein du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche Hillary Mann Leverett, qualifiant toutes cet assassinat d’« illégal ».

La volonté américaine d’assassiner le général Soleimâni existait depuis plusieurs années déjà : outre l’information rapportée par le média américain CNBC de sa surveillance par les Etats-Unis depuis plusieurs décennies, l’idée de l’assassiner fut déjà exprimée en 2017 par le président des Etats-Unis Donald Trump lors d’une réunion avec son conseiller en charge de la sécurité nationale, le général Herbert Raymond McMaster. Cette information sera confirmée et même complétée le 13 janvier 2020 lorsque cinq anciens et actuels importants responsables de la Maison Blanche déclareront au média américain NBC News que Donald Trump, avec le soutien de son secrétaire d’Etat Mike Pompeo, avait autorisé l’assassinat du général iranien en juin 2019.

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Le Département américain de la Défense va dans un premier temps accuser le général Soleimâni de planifier des « attaques imminentes » contre des soldats et des diplomates américains afin de tenter de justifier ce qui bel et bien au regard du droit international un assassinat sauvage et dénuée de toute légitimité. Cette pitoyable tentative de justification étant rapidement démentie, la mort du « sous-traitant » américain à Kirkouk le 27 décembre précédent est ensuite utilisée comme motivation à cette exaction. Une troisième fois encore, la justification est changée lorsque Donald Trump déclare au cours d’un entretien télévisée sur la chaîne Fox News que quatre ambassades américaines devaient être attaquées sous le commandement de Soleimâni ; Mike Pompeo dira qu’aucune information concernant le lieu et la date des attaques n’était connue, démontrant une fois de plus s’il en était nécessaire la complète absence de justification de cette opération. Il est à noter que le Congrès américain ne sera aucunement consulté et n’aura par conséquent point approuvé cet évènement conformément aux lois américaines en vigueur, de même que le gouvernement irakien n’aura été prévenu et ne l’aura guère accepté.

Concernant la présence du général Soleimâni à Baghdad, le Premier ministre irakien Adel Abdel-Mehdi explique que ce dernier était venu apporter la réponse iranienne à une missive formulée par l’Irak au nom de l’Arabie saoudite au sujet des efforts conjoints en vue d’atténuer les tensions existantes entre la monarchie sunnite et la république shî’ite. Un invité de l’émission C dans l’air du 3 janvier 2020 citera le quotidien britannique The Guardian qui prétend que la venue du général iranien à Baghdad était destinée à « calmer » les manifestants occupant les jardins de l’ambassade américaine[5].

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Qâsem Soleimâni dans les bras du IIIème Imâm Hossein.

Les réseaux sociaux Facebook et Instagram n’hésiteront guère à censurer les publications rendant hommage au général Soleimâni, officiellement selon un porte-parole de Facebook « pour se conformer aux sanctions américaines ». Et les hommages vont s’avérer être nombreux, malgré quelques scènes de réjouissances parmi les groupes terroristes syriens – dont Daesh qui exprimera ses remerciements à Washington… –, et les manifestants de la place Tahrir de Baghdad qui s’oppose au gouvernement irakien et dénoncent pour certains les présences américaines et iraniennes ; des heurts éclateront dans certaines villes irakiennes entre ces manifestants et des cortèges favorables à l’Iran.

  1. Des funérailles et un émoi nationaux

Des rassemblements ont lieu pour rendre hommage au général Soleimâni à Baghdad, Sanaa, Beyrouth et, bien évidemment, en Iran où plusieurs milliers de personnes se rassemblent spontanément le matin même du 3 janvier, divisées entre la douleur du chagrin et la colère dont les slogans « Marg bar Amrika » (« Mort à l’Amérique ») se font entendre. Le journal libanais francophone L’Orient-Le Jour notera : « ces images tranchent avec celles des manifestants qui brûlaient des portraits de l’ayatollâh Ali Khamenei et de l’ancien commandant de la force al-Qods au cours de la dernière vague de manifestation. Elles tranchent également avec les slogans phares qui appelaient à la fin de l’interventionnisme iranien dans la région »[6].

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Une jeune libanaise avec un portrait de Qâsem Soleimâni.

Le lendemain, un cortège aux couleurs des Hachd al-Chaabi réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent depuis le mausolée al-Kadhimiya dans les rues de Baghdad pour accompagner les dépouilles. Parmi les officiels présents, le Premier ministre démissionnaire Adel Abdel-Mehdi et son prédécesseur Nouri al-Maliki se trouvent aux côtés des commandants des nombreuses milices, dont Faleh al-Fayyadh pour les Hachd al-Chaabi et Hadi al-Ameri pour l’Organisation Badr. Le convoi fait ensuite route à Kerbala et Nadjaf, deux villes saintes du Shî’isme dont la première fut le théâtre du martyre du IIIème Imâm Hossein. L’ayatollâh irakien Moqtada al-Sadr, chef de file des nationalistes irakiens rejetant aussi bien l’influence américaine qu’iranienne, fera le déplacement jusqu’au domicile de la famille Soleimâni pour lui présenter ses condoléances.

De leur côté, les Iraniens décrètent trois jours de deuil national et accueillent les dépouilles de leurs martyrs ainsi que celle d’al-Mouhandis, les quatre autres irakiens étant inhumés dans leur pays. Le 5 janvier, les cercueils traversent les villes d’Ahvâz et Mashhad où plus d’un million de personnes viennent leur rendre un dernier hommage ; le 6, ils sont réunis à l’Université de Téhéran où le Guide de la Révolution Ali Khamenei prononce le visage empli de larmes la traditionnelle prière pour les morts en langue arabe à l’attention des martyrs, entouré par l’ensemble des officiels de la République islamique d’Iran et le général Ismâil Qââni, ami et compagnon d’arme du défunt qui pleurera devant le cercueil. Ce dernier déclarera plus tard : « Dieu le Tout-Puissant a promis de se venger et Dieu est le principal vengeur ». Même des personnalités opposées à la ligne politique de Soleimâni lui rendront hommage : parmi elles, l’ancien président réformateur Mohammad Khatami, pourtant interdit de prise de parole publique, le qualifiera de « martyr », de même que les ayatollâhs Yousef Sâanei (1937-2020) et Asadollâh Bayât-Zandjâni (né en 1941), connus pour leur opposition à la République islamique et au principe de vélayat-é faqih, salueront son combat contre le « fondamentalisme religieux de l’Etat islamique ».

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Une jeune iranienne à Téhéran.

C’est une foule immense de plus d’un million de personnes selon l’Associated Press – deux selon la télévision d’Etat iranienne –  qui suit ensuite le cortège funèbre traversant l’avenue de la Révolution et la place Azadi sur une distance de plus de dix kilomètres visible sur l’imagerie satellite. Le journaliste français du Figaro Georges Malbrunot écrira : « En venant si nombreux, les Iraniens ont d’abord rendu hommage au chef militaire, qui réussit à sanctuariser leur pays face aux attaques des djihadistes de Daech, depuis l’Irak voisin. Ils lui savent gré également de ne pas avoir eu d’ambitions politiques ». Plus critique, le journaliste français de Libération Pierre Alonso écrit : « L’élimination de Soleimani a immédiatement réveillé le puissant nationalisme iranien, qui revient dans le pays ces dernières années. Soleimani a ainsi été comparé à Rostam, le plus grand héros du Livre des rois, l’œuvre majeure du poète classique persan Ferdowsi. Et dans le même temps, sa mort a condamné au silence ceux qui tentent de protester au sein de la République islamique »[7].

Le cercueil contenant la dépouille de Qâsem Soleimâni est ensuite acheminé dans la ville sainte de Qom, avant d’être inhumé le 7 à Kermân. En raison d’une bousculade causant la mort de 56 personnes et en blessant 212 autres, le responsable des obsèques Mehdi Sadafi se voit contraint d’annuler la mise en terre pour le grand public et d’attendre un retour au calme.

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Le Guide de la Révolution Ali Khamenei décorant le général Qâsem Soleimâni de l’ordre de Zulfikar le 10 mars 2019.

Le défunt général de division est élevé à titre posthume au grade de général de corps d’armée, promotion extrêmement rare puisque ce grade n’est plus usité au sein de l’armée iranienne depuis de nombreuses années, tandis que la station du métropolitain téhéranais Resalat est renommée en son honneur. Qâsem Soleimâni était également décoré de l’ordre de Fath au rang de troisième classe et de l’ordre de Zulfikar le 10 mars 2019, décerné pour la première fois depuis la révolution de 1979. Il recevra à titre posthume la médaille de l’ordre du Nasr et sera décoré le 13 janvier par le président syrien Bachar al-Assad.

Les dernières volontés de Qâsem Soleimâni furent d’être inhumé semblablement aux autre martyrs de la guerre imposée par l’Irak, aux côté de son compagnon d’arme Mohammad-Hossein Yousefollâhi, avec pour seule inscription sur sa sépulture « sarbâz Qâsem Soleimâni » (signifiant « soldat Qâsem Soleimâni »). Ils reposent au cimetière Golzar Shohada de Kermân.

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La tombe de Qâsem Soleimâni.

Les funérailles du général Soleimâni sont décrites comme les plus importantes par leur ampleur depuis celles de l’ayatollâh Khomeyni, qui avaient réunis plus de dix millions de personnes en juin 1989. Le 14 janvier 2020, le général de brigade Ramezân Sharif, porte-parole du Corps de Gardiens de la Révolution islamique, informe qu’environ 25 millions de personnes participèrent aux funérailles en regroupant seulement les villes de Ahvaz, Mashhad, Téhéran, Qom et Kerman, ce qui fait des funérailles de Qâsem Soleimâni les plus importantes de toute l’Histoire. Ce chiffre est loin d’être extravaguant au regard des documents historiques disponibles, mais il nous semble plus réaliste si nous regroupons la totalité des villes d’Irak et d’Iran plutôt que ces seules agglomérations citées.

  1. L’opération Shahid Soleimâni : les représailles iraniennes du 8 janvier, un prélude à la vengeance

L’assassinat du général Qâsem Soleimâni et les bouleversements conséquents allaient nécessairement provoquer des réactions iraniennes, dont l’attente à travers le monde s’accompagna d’une redoutable angoisse devant les risques d’embrasement généralisés qui menaçaient en cette période de troubles et de tensions des plus exacerbées. Une première réponse arrive en Irak dès le 4 janvier lorsque des roquettes s’abattent sur la base aérienne de Balad et la « zone verte » où se situe l’ambassade des Etats-Unis ; la soirée du 8, c’est au tour de quelques roquettes Katioucha de tomber sur la « zone verte ». Malgré ces attaques plutôt légères, la vigilance ne faiblit pas, d’autant que plusieurs personnalités iraniennes ont annoncé une riposte dirigée contre les forces américaines présentes dans la région. De plus, l’Iran annonce également dans cette période ne plus respecter l’interdiction émise par l’accord de Vienne de 2015 d’enrichir l’uranium.

Le président américain Donald Trump informe le monde entier de son intention de frapper 52[8] sites iraniens, dont des sites culturels, ce qui constitue en vertu des traités internationaux de La Haye et de Genève des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Son secrétaire d’Etat à la Défense Mark Esper se désolidarise de lui en annonçant sa préférence de se conformer à la législation internationale prescrivant les règles des conflits. A cette menace, le président iranien Hassan Rohani rétorquera à son homologue de ne pas oublier le nombre 238, en référence aux 238 victimes iraniennes du vol 655 de la compagnie Iran Air abattu par les Etats-Unis le 3 juillet 1988.

Comme nous l’apprendra plus tard le porte-parole du Premier ministre irakien, ce dernier est averti par les autorités iraniennes peu après minuit dans la nuit du 7 au 8 janvier de l’imminence d’une attaque ciblant exclusivement des bases américaines : l’opération Shahid Soleimâni (se traduisant en français par « Martyr Soleimâni ») est déclenchée.

Film animé représentant l’assassinat de Soleimâni et la riposte iranienne.

L’agence de presse iranienne ISNA donne l’information d’une dizaine de missiles sol-sol de type Fateh-110 et Qiam-1 tirés sur les bases aériennes d’Aïn al-Asad et d’Erbil en deux vagues espacées d’environ une heure, correspondant à l’horaire durant laquelle le général Soleimâni trouva la mort. Le nombre de missiles tirés n’est pas comptabilisé de manière identique selon les belligérants : le United States Central Command parle de 15 missiles dont 10 à Ayn al-Asad, 1 à Erbil et 4 défectueux tandis que l’armée irakienne parle de 22 missiles dont 17 s’écrasent sur Aïn al-Asad et 5 à Erbil. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique affirme quant à lui avoir tiré 16 missiles balistiques en guise de réponse à l’assassinat du général Soleimâni et prévient les Etats-Unis de considérer cette attaque comme un avertissement pour les prochaines offensives.

La télévision nationale iranienne annonce 80 morts tandis que le secrétaire d’Etat à la Défense Mark Esper parle quant à lui de « tentes, des voies de circulation, [du] parking, [d’]un hélicoptère endommagé, des choses comme ça, rien que je qualifierais de majeur » quand le président américain fait part de dégâts « minimes », publiant sur le réseau social Twitter « Tout va bien ! » avant de préciser qu’il prendrait la parole le lendemain. Dans cette déclaration, Donald Trump annonce de nouvelles sanctions contre l’Iran et déclare qu’aucun soldat américain n’a été touché, ce qui va rapidement être contredit par une version officielle distillée avec parcimonie dans les bureaux de rédaction des médias : en effet, l’Etat-major américain va faire état le 16 janvier de 11 blessés légers en raison de commotions cérébrales consécutives aux explosions, puis 34 le 24 janvier, 50 le 29 janvier, 64 le 31 janvier, 109 le 10 février et enfin 110 le 22 février. Il confirme également l’information du journal libanais L’Orient-Le Jour qui affirmait que des soldats américains furent transférés dans un hôpital militaire en Allemagne.

Devant le risque d’embrasement et la réelle crainte d’un conflit d’envergure mondiale, les responsables politiques américains, ainsi que les dirigeants européens vont peser de tout leur poids auprès de Donald Trump pour le convaincre de ne mener aucunes représailles contre l’Iran. Dans la foulée de cette déclaration, l’ayatollâh irakien Moqtada al-Sadr appellera ses troupes de l’Armée du Mahdi à ne commettre aucune action à l’encontre des troupes américaines présentes en Irak, confirmant par là la situation de statu quo pour laquelle le monde avait retenu son souffle.

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Le Guide de la Révolution Ali Khamenei décrira ces frappes comme une « gifle au visage » des Etats-Unis en appelant à ce que cesse leur « présence corrompue » dans la région. Mohammad Djavâd Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, s’exprima sur Twitter de la manière suivante : « L’Iran a pris et conclu des mesures proportionnées de légitime défense en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations Unies visant une base à partir de laquelle des attaques armées lâches contre nos citoyens et hauts fonctionnaires ont été lancées. Nous ne cherchons pas l’escalade ou la guerre, mais nous nous défendrons contre toute agression ».

Cependant, qui serait dupe de cette version qui ne convainc personne, à savoir l’immortalité des soldats américains face à des missiles ? Les Etats-Unis furent obligés de faire profil bas en ne déclarant aucun blessé, ce qui contredit les déclarations du responsable de la Défense américaine James Hogan dans une lettre adressée aux représentants de la commission de la sécurité du Congrès, dans laquelle il fait état de 139 soldats américains tués et 146 autres blessés[9]. Il liste également la perte de 15 aéronefs, deux avions de transports, trois drones MQ-1C Grey Eagle, la destruction de trois dortoirs et des dégâts importants pour la tour de contrôle et la piste d’atterrissage. Plus inquiétant encore pour les Etats-Unis, leur système de défense anti-missile Patriot s’est avéré totalement incapable d’intercepter et de détruire les missiles iraniens en raison d’une mise hors service de leurs radars des suites d’un brouillage qui affectera aussi les drones américains en vol dans le ciel irakien, perdant le contact avec leur base pendant plusieurs heures.

  1. L’après, un apaisement iranien fragile et douloureux

Après le temps des représailles s’ouvre en Iran le temps du deuil et des interrogations : une enquête est diligentée afin de comprendre qu’elles eurent été les failles dans la sécurité et la protection de Qâsem Soleimâni. Une première réponse est apportée lorsque Mahmoud Mousavi-Madjd est arrêté ; cet iranien est accusé d’avoir renseigné moyennant rétribution financière le Mossad et la CIA au sujet des déplacements du général et du ministère de la Défense iranien entre 2017 et son arrestation en 2018. Il est reconnu coupable et définitivement condamné à mort en appel le 9 juin 2020. Bien qu’il ait permis aux services de renseignements israélien et américain de collecter des informations sur Soleimâni permettant de mieux le cibler, Mousavi-Madjd n’est pas directement impliqué dans son assassinat.

L’Iran émettra le 29 juin 2020 un mandat d’arrêt international contre trente-cinq personnes impliquées dans l’assassinat du général Soleimâni, dont le président américain Donald Trump lui-même, au motif de « meurtre » et « action terroriste ». En dépit de cette action juridique parfaitement légale, le parquet de Téhéran se verra refuser sa sollicitation faite auprès d’Interpol d’émettre une notice rouge.

Afin de rendre hommage aux deux commandants tués ce 3 janvier 2020, l’armée iranienne présentera le 20 août 2020 deux nouveaux missiles, baptisés Shahid Qâsem Soleimâni et Shahid Abou Mehdi al-Mouhandis en leur honneur.

Outre les hommages et les suites judiciaires qui se poursuivent, nous souhaitions conclure cet article par une évocation en forme d’hommage pour d’autres victimes de ce crime dont les Etats-Unis portent la responsabilité : en effet l’assassinat du général Qâsem Soleimâni et les événements militaires en découlant vont malheureusement conduire à un autre drame, celui du vol 752 d’Ukraine Airlines abattu quelques heures après cette même nuit du 8 janvier par un missile iranien. Nous développerons ce sujet dans un prochain article.

 

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Qui était le général Qâsem Soleimâni ? – Première partie

Lettre du Général Qâsem Soleimâni à sa fille

 


[1] Le contenu de cette information est assez incertain. Nous savons que le général Soleimâni s’est bien rendu à Moscou en juillet 2015 mais nous ne connaissons guère le contenu de cette réunion. Le lecteur trouvera ci-dessous le lien vers l’article en question : https://translate.googleusercontent.com/translate_c?depth=1&hl=fr&prev=search&rurl=translate.google.fr&sl=en&sp=nmt4&u=https://web.archive.org/web/20151009193524/http://www.reuters.com/article/2015/10/06/us-mideast-crisis-syria-soleimani-insigh-idUSKCN0S02BV20151006&usg=ALkJrhgVWDs4GVFKn3D2exjl2yPf8_dt0Q

[2] L’ayatollâh Gholamhossein Mohammadi Golpâyegâni (né en 1943) est l’un des secrétaires du Guide de la Révolution Ali Khamenei. Il fut entre autre l’un des témoins du massacre de l’école théologique Feyzieh en 1963 et est aussi connu en Iran pour ses qualités de poète.

[3] Journal officiel de l’Union européenne, Règlement d’exécution (UE) No 611/2011 du Conseil du 23 juin 2011 mettant en œuvre le règlement (UE) n°442/2011 concernant des mesures restrictives en raison de la situation en Syrie.

[5] Cette émission n’étant malheureusement plus disponible en rediffusion sur le site internet de France Télévision, nous ne pouvons la mettre à disposition. Nous espérons un jour parvenir à obtenir un enregistrement afin de présenter ce document au lecteur.

[6] Soulayma Mardam Bey, Pourquoi l’Iran risque de fermer complètement la parenthèse révolutionnaire, publié le 6 janvier 2020. Les manifestations mentionnées sont celles du mois de novembre 2019 durant lesquelles de nombreuses manifestations éclatèrent suite à la décision du gouvernement iranien de diminuer de moitié les subventions sur les carburants automobiles, ouvrant ainsi la voie à une augmentation de leurs prix.

[7] Nous précisons que les analyses et jugements concernant la politique intérieure iranienne rapportés dans nos articles n’engagent que leurs auteurs. Nous nous efforçons autant que possible d’adopter un point de vue neutre, d’une part en raison de la nécessité professionnelle exigée par notre position de chercheur et d’autre part en raison d’une illégitimité totale pour se prononcer sur de tels sujets.

[8] Le nombre 52 fait référence aux 52 otages américains lors de la prise de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran en 1979.

[9] Cette information fut publiée par le média irakien al-Maloumah qui reprit cette information de certains médias américains rapidement contraints au silence. On trouvera ici le lien vers un article citant ces sources :

https://parstoday.com/fr/news/middle_east-i84717-iran_60_000_gi's....._et_la_mort